‹ ThéâtreChapitre 228 sur 971 · SCENE III. • Les Mêmes, GONTARD, SATURNUS · texte numérisé non relu

SCENE III. • Les Mêmes, GONTARD, SATURNUS

Ils enl relit tous deux sans bruit par la tlroite

SATi'R>"L"S, bus à Goniard, en montrant Icw deux amans . Ai-je menti?

GOTARD, à pan.

Le scélérat I

RIGOBERT, à Flora.

Maintenant, partons!

GONTARD

Halte-là! séducteur! ravisseur!

SATCR>L'S.

Suborneur! enjôleur!

RIGOBERT

Vous n'y êtes pas, monsieur Gontard; mes intentions sont pures, excessivement pures! j'allais vous demander la main de Flora.

GONTARD

Tu veux épouser la fille du plus riche cultivateur de cette c^iitrée, toi qui n'as pas de profes- ! sion, qui es pauvre comme...

RIGOBERT

SATCR5CS.

Comme tout ce qu'il y a de plus gueux.

GONTARD

Tu es donc fou?

SATCBNCS.

Ou il est toqué.

Vous refusez?

GONTARD

Parbleu !

RIGOBERT, a part.

La famine n'est pas mon bon accident.

FLORA

O mon père !

GONTARD

Taisez-vous !

FLORA

Je mourrai de chagrin.

GONTARD

Je vous le défends, et je vous ordonne d'oublier cet insensé.

SATCRNCS.

Oh! oui, oubliez cet insensé!

RIGOBERT, à pari, avec désespoir.

Tu végéteras d'abord, a dit mon oncle.

GOXTARD, à Flora.

Il est inutile de pleurer, vous ne m'attendrirez

SATCRNCS.

^al non, ne vous laissez pas attendrir; car je l'aime aussi, et je vous la demande cette main chérie, afin de mettre à ses pieds...

Il tombeaux gcnouK de Gonlafi^ UltiOBEuT.

Voilà qui est bouffon, par exemple !

GONTARD

Mais tu n'es pas plus riche que Rigobert.

SATURKL'S.

J'ai une profession, moi.

GONTARD

Elle est jolie! garron de ferme!

SATLRNUS.

Mais je vous ai rendu de grands services : j'ai cultivé vos navels, vos carottes; j'ai gardé jusqu'à toutes vos vaches à moi seul !

GONTARI).

Je t'ai payé, imbécile 1

SATURNUS, à part, en se relevant.

Vertubcuf ! on nobiige que des ingrats.

RIGOBERT, A part.

Ce refus m'a brise le cœur... Ah! mais, c'eslfatal, la brisure d'un cœur l

GONTAKD, à Flora.

Allons, rentrons au logis,

RIGOIIERT.

Flora, réjouis-loi... je crois que je le tiens.

FLORA

Qui?

Mon accident! (.1 Gontanl.) Oh! que je vous remercie de ne pas avoir accueilli ma demande! ça m'a produit l'effet d'un affrcuicoup de poignard! mais je le bénis, il assure ma félicllé-

GONTARD

Décidément, il est aliéné.

RIGOBERT

Nullement; Flora vous expliquera ce qui vous paraît nébuleux dans mon dialogue... Mais d'abord, répondez-moi... Vous ne me repoussez que parce que je suis pauvre, n'est-ce pas?

GONTARD

Oui... je veux que mon gendre ait un état honorable et lucratif; et puis, ce que je donnerai en dot à Flora, six cents écus d'argent!...

RIGOBERT

Si j'avais tout cela...

GONTARD

Je te tendrais les bras.

RIGOBERT

Vous me les tendrez-

SATCRNCS.

Me les tendricz-vous pareillement, si j'avais...?

GONTARD

Oui.

SATCRNCS.

Verlubeuf! c'est à moi que vous les ouvrirez vos vertueux bras.

GONTARD

Comment ! jeune présomptueux, vous espérez réaliser... Mais il vous faudrait un grand nombre d'années...

RIGOBERT

Il ne me faut qu'une minute peut-être...' à moins qu'il n'y ait du retard, ce qui est possible... Tenez, pour me mettre à mon aise, promettez-moi de ne disposer de votre fille que dans trois mois, à dater de ce jour, et de me l'accorder si avant l'expiration du Itrimestre j'arrive avec les écus et l'état exigés.

SATCRNCS.

Faites-moi la même promesse.

GONTARD

J'y consens, par curiosité.

SATCRNCS.

Le premier arrivé sera votre gendre.

GONTARD

C'est convenu.

RIGOBERT

Alors, vous serez mon beau-père.

SATCRNCS.

Je serai votre beau-fils.

Tu es trop laid, mon cher !

SATCRNCS.

Verlubeuf! les calenibourgs ne prouvent rien.

GONTARD, en sortant par la droite.

Je vou<lr.iis bien savoir ce que vont faire ces deux gaillards-là.

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