SCENE III
MARCEL, GUILLAUMIN, DEWORDE.
GL'ILLACMIN à l\ntrée de la porte.
Avez-vous encore besoin de moi ?
DEWORDE.
Non, j'ai trouvé qui jecherchc... va-t'en, Guillaumin.
Oui, laisse-nous.
Giiiilaumiii sort.
DEWORDE.
Vous êtes monsieur Marcel ?
MARCEL
Et vous, monsieur Deworde?
DEWORDE.
Je vous cherchais...
MARCEL
Je vous attends !
Nous aimons tous les deux la même femme...
MARCEL
Bathilde.
DEWORDE.
jime d'IUières !
MARCEL
C'est la même chose.
DEWORDE.
"Vous vous trompez, monsieur... il y a une grande différence... Je ne sais si elle est déjà Bathilde pour vous ; mais elle est encore M"'^ d'Illièrcs pour moi.
MARCEL
Vous êtes bien calme et bien subtil à la fois, monsieur.
DEWORDE.
C'est que je suis résolu... c'est que je vous tiens là... c'est que je suis sur maintenant que vous ne m'échapperez pas...
MARCEL
Et... qui pense à vous échapper, monsieur?... Soyez bien certain, au contraire, d'une chose... c'est que si l'on ne m'avait retenu, j'allais audevant de vous.
DEWORDE.
C'est bien ! nous voilà en face l'un de l'autre.. . peu importe celui qui a fait tout le chemin... Monsieur, vous aimez M'"'' d'IUières?
Vous m'interrogez, je crois ?
DEWORDE.
J'allais l'épouser dans quatre jours.
MARCEL
Ce serait bien plutôt à moi d'interroger
alors!... car mes droits sont plus anciens que les vôtres... vous alliez l'épouser dans quatre jours... et moi, je l'aime depuis un an.
DEWORDE.
Je sais cela, monsieur.
MARCEL
Et qui vous l'a dit ?
DEWORDE.
Hlme d'IUières.
MARCEL
Elle vous a dit... que je l'aimais?... elle vous a dit alors qu'elle m'avait aimé aussi...
DEWORDE.
Au moment de contracter une union aussi sainte, M™= d'IUières ne me devait rien cacher, monsieur... elle m'a tout dit... l'important est donc de savoir, non pas qui elle a aimé... mais qui elle aime.
Comment... Bathilde vous a dit qu'elle m'avait aimé... que j'avais des lettres d'elle... DEWORDE, se contenant.
EUe m'a dit cela.
MARCEL
Mais des lettres qui prouvent que notre liaison était des plus tendres.
DEWORDE.
Je le sais.
MARCEL
Des plus intimes.
DEWORDE.
Je le sais encore.
MARCEL
Elle vous a dit que pendant six mois qu'elle a habité Tours... chaque jour nous nous voyions... que ces six mois ont passé comme une heure... que pendant ces six mois j'ai été le plus heureux des hommes... jusqu'au jour...
DEWORDE, avec force.
Elle m'a dit tout cela... C'est un trop noble cœur pour vouloir tromper un homme qui l'estime assez pour lui offrir son nom.
MARCEL
Elle vous ayant dit tout cela, vous n'en avez pas moins persisté dans vos prétentions?...
DEWORDE.
En m'acccptant pour mari, elle comblait tous mes vœux.
Mais alors... c'était donc un mariage de convenance que vous faisiez?
DEWORDE.
Non, monsieur... c'était un mariage d'amour.
MARCEL
Mais vous aviez donc besoin de sa fortune pour refaire la vôtre?
DEWORDE.
Je suis plus riche qu'elle.
MARCEL
Je ne vous comprends plus.
DEWORDE, se rapprochant.
Vous allez me comprendre... J'avais pris une résolution.
BATHILDE
MARCEL , avec ironie.
Laquelle ?
DEWORDE.
Celle de vous tuer, monsieur.
MARCEL
Et vous l'avez toujours?
Plus que jamais.
MARCEL
Bien !... je vois que nous allons nous entendre... Quelles sont vos armes?
DEWORDE.
Attendez! nous n'avons pas fini.
MARCEL
Que pouvez-vous avoir de plus à me dire... ou à entendre?...
DEWORDE, éclatant.
J'ai encore à vous dire, que la réputation de M'"" d'Iilières doit rester intacte aux yeux du monde, aux yeux de ses gens, aux yeux de tous enfin. Elle a disparu de son hôtel cette nuit... i! faut qu'elle y rentre avant le jour ou qu'elle continue sa route. Où est madame d'Iilières?
MARCEL
Elle est ici.
DEWORDE, se contenani à peine.
Ici!... chez vous!...
MARCEL
Ici.:, chez moi...
DEV.ORDE
Alors, vous l'avez enlevée de force... alors, elle vous a suivi par contrainte...
Librement.
BATiiiLDE, s'avnnçiiiit.
Oh!... cette fois... vous mentez, monsieur.
MARCEL et DEWOUDK.
Balhilde !
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