SCENE IV
MARCEL, BATIIILDE, DEWORDE.
BATHILDE
Oui, Bathilde!... Batlilldc... (« Marcel) qui vient vous faire rougir, vous, de votre lâcheté... {« Dcirordc) vous remercier, vous, de votre dévouement.
MARCEL
Finissons-en, monsieur... Vous étiez venu pour me trouver... Eh bien! nie voilà!...
DEWORDE.
Un instant encore, monsieur... Je vous l'ai dit, nous savons qui madame a aimé autrefois; mais nous ne savons pas encore qui elle aime aujourd'hui... C'est une demande que je me réservais de faire à vous-môme, madame... et que je vous fais.
BATHILDE
Comment, Deworde, après ce qui s'est passé... vous songeriez encore...
Ne savais-je pas tout?... Et êtes-vous responsable de l'événement de cette nuit... quand c'est la violence qui a tout fait ?
MARCEL
Monsieur!...
DEWORDE.
Soyez donc tranquille comme moi, monsieur... De la patience... attendons.
MARCEL
Ah ! mon Dieu ! mon Dieu !
DEWORDE, à Balhilde.
Vous le voyez... monsieur s'impatiente... Et de mon côté, je ne voudrais pas trop le faire attendre.
BATHILDK.
C'est que je ne puis croire à tant de grandeur.
DEWORDE.
Que parlez-vous de grandeur, madame? mais je ne fais, moi, que ce qu'un cœur honnête doit faire... Je vous aimais avant la mort de l'homme à qui je dois tout... Cet homme, en mourant, vous a léguée à moi... J'aurais dû tout quitter et venir à vous, pour conserver comme un trésor ce saint héritage ; j'ai tardé, je suis seul coupable... Mais je n'en réponds pas moins aux yeux du monde, non seulement de votre bonheur, mais de votre réputation Avec mon amour, madame, vous serez heureuse, je l'espère... Avec mon nom, vous serez honorée, je vous le jure... Dites-moi seulement que vous, de votre côté... cette union... Dites-moi, dites-moi... ce que vous me disiez hier... ce que vous me disiez cette nuit encore... dites-moi que vous m'aimez.
BATIIILDE.
Je ne serai pas moins généreuse que vous, De- ■\vorde... Ce que vous faites me dicte ce que j'ai à iaire... Peut-être agirais-je autrement si je n'avais entendu toutes les paroles de cet entretien, où chacune de vos réponses m'a abaissée à mes yeux pour me grandir à ceux des autres... Mais je vous dois tant, que je ne veux pas risquer d'être ingrate, ni vous donner le malheur en échange du dévouement... Deworde! Deworde 1 pardon... mais je souffre plus à prononcer ces paroles, que vous IIP souffrirez à les entendre, vous... Deworde, je vous honore comme un père... je vous vénère comme un sauveur; mais, Deworde... Deworde... je ne vous aime pas.
DEWOUDE, iiccnbli'.
C'est la vérité que vous me dites là, Bathilde?
BATUILUE.
C'est la vérité.
DEWORDE.
Vous me la dites... librement... sans contrainte?
BATIIILDE.
Librement... sans contrainte.
DEWORDE.
Vous... vous ne m'aimez pas.'
AIAGASIN THEATRAL.
Non.
DEWOUDE.
Votre main?... Adieu, madame... je ne vous en veux pas... Je me suis abusé; toute la faute est à moi. (A Marcel.) Quant à vous, monsieur, en suivant jusqu'ici une femme dont je n'étais pas aimé, j'ai fait une chose que je ne devais pas faire... Madame était libre de ses actions... j'ai donc eu tort de vous en demander compte... Son bonheur m'est trop cher pour que je ne respecte pas, quel qu'il soit, celui qui peut le lui donner... Recevez mes excuses, monsieur... et... et rendez-la heureuse.
HARCEL.
Monsieur...
BATHILDÇ.
Dewordel...
DEWOUPE.
Adieu, monsieur... Adieu, madame.
II sort.
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