‹ ThéâtreChapitre 233 sur 971 · RIGOBERT, UN SERGENT, DES SOLDATS · texte numérisé non relu

RIGOBERT, UN SERGENT, DES SOLDATS

entrant par la droite; puis SATURNUS.

LE SERGENT

Ce n'était pas la peine de nous déranger... L'assemblée n'est pas considérable. ( Aux soldats. ) Voyez s'ils sont plus nombreux dans la chapelle.

Quelques soldats entrent dans la chapelle. RIGOBERT, ô part.

Ruminons bien notre amorce.

LE SERGENT, aux soldats.

Autrefois, du temps de M. le comte de Nanta, le peuple était heureux : aussi, lorsque Charles- Emmanuel venait après la chasse > "mercier ^ Hubert, la foule était tellement \^ pour la contenir, nous attrapions bature... Nous n'attraperons rien o-^ .

RIGOBERT, à part.

J'attraperai votre argent, moi... Hum! hum! SATURNUS, chassé de la chapelle par les soldats. Encore un petit moment!

RIGOBERT

Diable 1 Saturnus me gêne... Il reconnaîtra ma voix et me dénoncera... Que faire? SATURNUS, à part.

Saint Hubert a été sourd à mes prières ; j'ai pourtant récité soixante-trois Pater:..: Peut-être qu'au soixante -quatrième il aurait répondu; mais... et Rigobert... oh!

RIGOBERT, à part.

Je vais parler allemand... L'Allemagne est le pays de la science. [Haut.] Prafes soldats, le Brofitence m'enfoye fers fous; che zouis le safant tocteur Colfachiterfeldmer. [A part.) Je ne me rappellerai jamais mon nom. {Haut.) Chai regueilli sur le plis haut montagne de l'Asie des simples brécieux, afec lesquels chai gombosé un poutre qui enlèfe tous les touleurs, tous les malaties. {A part.) Je parle allemand comme père et mère I... [Haut. ) Ce poutre sans bareille, il a guéri lesoultan d'Egypte d'une hydrobysieépoufandaple, et le roi de France d'un gros golique.

LES SOLDATS

Vraiment?

RIGOBERT, à part.

Ils commencent à mordre; amorçons toujours. {Haut.) Ce poutre incombaraple, il a guéri tous les souferains di monde... Mais che ne me gontente bas, comme la plipart de mes gonfrères, te soigner seulement les buissans de la derre... che

RIGOBERT

feux que les baufres ils brofitent aussi de mon désouferte.

LES SOLDATS

Voilà un brave homme!

KIGOBERT.

Gui est-ce gui est malate?

LES SOLDATS

Pas moi... ni moi.

RIGOBEUT, à part.

Que le diable les emporte :... Oh ! il faut qu'ils avalent tout de même la pilule... {Haut.) Bersonne n'est malate; tant mieux... car mon poutre il a sur les gens pien portans un vertu brotigieuxl... Il les rend invulnérables.

LE SERGENT

Invulnérables ! ,

RIGOBERT

Foui; il solitifie les muscles, le sang; il turcit toutlegorps; si pien, que guand on en abris seulement un bincée, on est alébreuve de l'ébee, du lance, du balle... rien n'est cabaple de fous endamer ; on est plis tur que di fer.

LES SOLDATS

Vraiment?

RIGOBERT

Tr moment gu'on ne beut bas être plessé, - ost invinciple... C'est très-gommode bour les aoidats.

SATURMS.

C'est très-commode pour tout le monde; mais, vieux savant, ètes-vous bien sûr?...

Chc fais fous citer un exemple... Il y a trois mois, à Baris, chai ortonné à ma guisinier d'agommoter un tinton qui afait afalé de mon poutre... La marmiton il a bris le foladile, et alin de lui trancher le gou, l'a étentu sur son tapie... H eût goubé blus facilement un gaillou... Abrès afoir gassé leux coudcaux, il a saisi un goubcret, et il a frabbé de tout son force; mais la tapie s'est fendue, et le tinton s'est saufé sans une écratignure... Chamais on a bu le fricasser.

SATURMS.

C'est sublime! étourdissant!... Combien vendez-vous votre poudre?

RIGOBERT

Auv grands seigneurs, mille écus le baguct ; à fous, ti\ sous seulement.

SATIRMS.

Je ne possède que cela; tenez... Oh! quel service vous me rendez 1... ï'igurez-vous que j'ai un ennemi mortel... un nommé Rigobert... 11 se bat à tout, le fanfaron, mémo à l'épée. et me délie sans cesse cnm'appelanliache... mais, misérable, je n'étais lâche que parce que j'avais peur d'être blessé... Maintenant que je n'ai pins rien à craindre, lu vas voir que je suis plein de bravoure... Oh! lu n'es pas blanc!...

■RIGOBERT

Fous le pourfcnlrez I

9ATURMJS.

Je l'exterminerai!.. . Vieux savant, je vous adore, permettez que je vous embrasse. [Il f(nt lombef i

les lunettes de Rigoberien le serrant dans ses brasj il les ramasse, et en les lui remettant.) Oh! trois cents pardons! excusez-moi! {A part en reculant , étonné.) Vertubeuf! comme il ressemble à Rigobert 1

RIGOBERT

Allons, brafes querriers, achetez mon poutre, et fous defiendrez tous capitaines, généraux !

LE SERGENT

C'est vrai, parbleu! donnez-moi un paquet.

TOUS LES SOLDATS

A moi aussi! rnoi aussi!

Tous les soldats entourent RigoLert, cjui leur tUslril)ue son ph'ilre.

SATURNUS, à part.

Si c'était Rigobert? L'intrigant est capable...oh! sans lunettes, c'est Rigobert tout craché. PLUSIEURS SOLDATS, à Rigobcrt.

A mon tour! à mon tour!

RIGOBERT

Il n'y a blus de boutre tans mon pourse, mais mon falise il en être remplie.

Il prend sa Talise qu'il a laissée sur le hanc et s'approche de la maisonnette.

SATURNUS, à part.

Cette valise appartient à Rigobert, je la remets parfaitement.

RIGOBERT, se baissant et feignant d'ouvrir la lalise; aux soldats qui l'entourent.

Eloignez-vous mes amis... chai là un boudeille d'essense; si il gassait, fous seriez tous asphyxiés I

Les soldats s'éloignent, RigoLcrt gratte le mur.

SARURNUS, à part, en savançant vers Rigobert.

Rigobert a un radis rouge sur le col, lâchons de

découvrir ce signe... le voici... {H s'aperçoit que

Rigobert gratte la muraille.) Oh! le scélérat l

RIGOBERT, à part.

Je liens mon accident! il est impossible de mieux réussir... El Saturnus qui... ah! ah! ah !

Il r.l.

Pendant cet aparte,SalurnusajDonceBisol.ert au Sergent.

LE SERGENT, à Saturnus.

Ah I le gueux ! Voici justement le grand prévôt.

11 raconte Taffaire au grand Pre\.M,qui entre par la droite. RIGOBERT, se relevant, aux soldats.

Si fous saliez, mes amis, tous les beincs que chai eues bour gomboser ce poutre ; le montagne il était si élefée que j'afre mis leux mois pour le gralir.

Pendant cette réplique, le grand Prevù l a regarde la muraille.

LE GRAND TUÉVOT, (I Rigobert.

Je veux avoir une preuve de leflicacité de votre poudre... prenez-en.

RIGOBERT

Chen ai afalé ce matin.

LE GRAND PREVOT

Alors, nous allons voir si die rend invulnérable. Sergent, passez votre sabre au travers du corps de monsieur!

RIGOBKHT, se sauvant l'povvnnti'.

in instant... chc vous ai dit que mon poulrc

MAGASIN THEATRAL

il rendait infulnéraples les gens bien bortans... che suis malade, moi... chai un gros rhume, [Il tousse. ) Quant mon poutre m'aura quéri.

LE GRAND PRÉVÔT

Je ne crois pas que du plâtre puisse te guérir, je vais l'appliquer un remède plus certain. RIGOBERT, à part.

Je suis découvert!... la brisure de mon cœur n'était pas mon bon accident.

LB GRAND PREVOT

Les charlatans de ton espèce pullulent aujourd'hui... leurs drogues commettent trop d'homicides... il faut un exemple! Qu'on pende ce

larron.

RIGOBERT, se sauvant à droite.

Fendu! pendu!... oh! cela n'en vaut pas la

peine.

LE GRAND PRÉVÔT

Tu ne parles donc plus allemand.

RIGOBERT

Ecoutez-moi, de grâce !

LE GRAND PRÉVÔT

Je t'accorde cinq minutes pour faire tes prières.

RIGOBERT, à part.

Pendu! mon oncle s'est donc trompé... mais non. ..quoi de plus fatal que la pendaison?... Oh! je tiens mon accident, c'est le bon... je ne mourrai pas... quelque chose surviendra.

SATURNCS, à Rigobert, d'un ton triomphant. Tu devais m'écraser, fanfaron.

RIGOBERT, sautant tout joyeux.

Je suis plus puissant que jamais! tremble!

LES SOLDATS, entraînant Rigobert.

Allons, vendeur de plâtre.

UN HÉRAULT, entrant par le fond.

Place au grand duc !

SATURNUS.

Le grand duc !

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