GEORGES, URSULE
GEORGES , à Ursule qui referme la porte. Eh bieni vieudra-i-elle enfin?
LE PROSCRIT
CRSCLE, effrayée.
Ah! pourquoi avoir quitté ma chambre, monsieur Georges?
GEORGES , d'un ton amer.
Parce que j'y entendais trop bien le bruit de cette fête à laquelle Louise n'a pas le temps de s'arracher.
URSULE
Mais je vous ai dit que sa mère, son frère étaient ici, et avaient voulu...
GEORGES, l'interrompant.
Et depuis quand sont-ils les maîtres chez moi?
URSCtE, hésitant.
Chez vous!... Hélas! vous oubliez, monsieur Georges, que Louise a dû croire.. .
GEORGES
Oh! oui... tuas raison... elle a dû croire... elle a pu se féliciter... et mon retour l'a cruellement détrompée sans doute.
URSULE
Ah ! monsieur, pouvez-vous penser?...
GEORGES, avec impatience. ■"lais pourquoi ne vient-elle pas ?
URSULE
lais le peut-elle?... On l'entoure... on l'ob- 'e... on cherche peut-être à deviner la cause 5on trouble... la cause du cri qu'elle a jeté !...
GEORGES, avec amertume.
>ui, un cri d'horreur et d'épouvante...
URSULE
Mais comprenez donc ce qu'elle a dû éprouver, et quel saisissement...
GEORGES
Ah! si elle voulait venir... elle trouverait un prétexte... une indisposition...
URSULE
Mais alors on pourrait la suivre, l'accompagner jusqu'ici...
GEORGES
Jusqu'ici? Et qui donc a le droit de pénétrer dans l'appartement de Louise?...
URSULE, embarrassée.
Qui?... sa mère... son frère... le marquis de Mellisens...
GEORGES
Ce furieux royaliste qui croirait de son honneur de me dénoncer... de dénoncer le mari de sa sœur...
URSULE
11 suffirait d'un domestique, qui peut s'étonner en voyant un inconnu dans sa chambre... qui peut crier... appeler...
Oiit'Htcnil de loin iles contredanses qui continuent jus- <|u'.i la rentrée de Louise, à la scène suiv.-intc.
GEORGES
Mais alors qu'elle vienne.
qu'elle vienne
donc!... Oh! veut-elle que j'aille la chercher au milieu de celte fête?...
URSULE, avec effroi.
Ce serait la mort pour vous!...
GEORGES
Oh! si ce n'était la mort que pour moi!... si ce n'étaient ceu\ qui m'attendent... je n'y mettrais pas tant de patience... car ces retards... ces excuses... cette fêle... {avec amertume) une veuve a droit à tant d'hommages...
URSULE
Mais, monsieur Georges...
GEORGES
Une femme qui se croit libre...
URSULE, cherchant à le calmer.
Monsieur...
GEORGES
Après quinze mois de veuvage, on peut rougir de prendre un autre époux...
URSULE, à part.
Que dit-il ?...
GEORGES, avec dépit dédaigneux.
Mais un amant!...
URSULE, vivement.
Ah! monsieur Georges!... Louise!... elle!... un amant!.. Ah ! vous ne pensez pas ce que vous dites...
GEORGES, revenant.
Non... je m'emporte... j'ai tort... mais il faut absolument que je la voie !. ..
URSULE
Eh bien!... monsieur Georges... encore un moment!... je vais retourner la chercher... mais jusque là rentrez... rentrez dans ma chambre , je vous en supplie... sans cela je n'oserais quitter cet appartement... Allez!, ..et jevous jure qu'elle va venir...
GEORGES
J'y vais... et dis-lui cette fois qu'il y va de ma vie et surtout de mon honneur... car si j'étais découvert, ce n'est pas moi seulement qui porterais ma tète sur l'échafaud... et que cependant je ne puis quitter ce château sans l'avofr revue...
URSULE
Oui, monsieur... elle viendra, elle viendra, bien sûr!...
GEORGES
Songe qu'une heure peut me perdre et que j'attends !
ficorgcs sort par la porte de droite.
URSULE, cUe regarde avant de fermer la porte. Le voilà qui monte le petit esrnlicr qui mène à ma chambre... II ne faut pas qu'il puisse rentrer ici. {Elle ferme la pane.). Allons la chercher!.. O mon Dieu! mou Dieu! protégez-nous!...
Louise ptrait par la porte du fond.
MAGASIN THEATIUL.
**^w^'VV^'V\\\\^■v\A\\'\^v\'^.\\\"v^