LOUISE, URSULE
tOUISE , Irûs-agilée.
Eh bien ! Ursule... où est-il ?
URSULE
Dans ma chambre, madame...
Elle se dirige vers la porte par laquelle csl sorti Georses.
LOUISE, la retenant.
Oh! tant mieux!... j'aurai le temps dépenser, de réfléchir... car au milieu de cette foule je ne sentais plus... je n'entendais plus... je ne savais plus si j'existais...
URSULE
Oh! remettez-vous, madame, songez au cruel aveu que vous avez à lui faire.
Est-ce que je peux lui faire cet aveu?... Moi, lui dire que je l'ai si vite oublié, que je suis la femme d'un autre !... Avouer à Georges que j'ai consenti à épouser le fils du comte d'Avarenne... Oh! non, non, je ne le puis pas... je n'oserai pas.
URSULE
Mais qu'allez-vous donc lui dire?
LOUISE
Est-ce que je sais, mon Dieu?
URSULE
Mais il va venir, madame, il va venir, et si vous ne lui dites pas la vérité, quel parti prendre ?... qu'allez-vous donc faire?
LOUISE
Qne faire? mais je ne sais pas... Tu vois bien que je ne sais pas.
Elle pleure.
URSULE, la consolant.
Madame... Louise... ma Louise... Allons, un peu de courage... son danger est aussi pressant que le vôtre.
LOUISE, se remettant.
Oui, tu as raison, il faut le sauver, et peut-être alors... mais pour cela je veux savoir tout... Eh bien! dis-moi, que t'a-t-il dit? que veut-il? pourquoi est-il revenu ?
Ah! si vous saviez!...
LOUISE, avec impatience.
Mais c'est ce que je te demande.
URSULE
Si j'en crois quelques mots échappés à son impatience, il s'agirait d'un nouveau complot !
LOUISE
De'celui dont on a parlé tout-à-l'heure ?
URSULE
Je ne sais; mais il a ajouté : « Dis à Louise qu'il y va de ma vie, et surtout de mon honneur; car si j'étais découvert, ce n'est pas moi seulement qui porterais ma tête sur l'cchafaud... »
LOUISE
Les malheureux 1
URSULE
« Et dis-lui que cependant je ne puis quitter ce château sans l'avoir vue. »
LOUISE, réfléchissant promptement.
Ce château, il veut donc le quitter?
URSULE
Je le crois.
LOUISE, de même.
Il veut le quitter, il veut partir, bientôt, n'est-ce pas?
Tout de suite, uneheurepeutle perdre, m'a-t-Ll dit.
LOUISE
Tout de suite! oh! alors. Dieu m'inspire!... qu'il vienne... il veut fuir... eh bien, je fuirai avec lui.
URSULE, avec peine.
Vous aussi, madame?
LOUISE
Est-ce que j'ai autre chose à faire?
URSULE
Eh bien, oui, madame... oui, suivez-le, pr avec lui !
LOUISE
Et alors, quand il verra que je n'ai pas hfsit: un moment... quand je m'associerai à ses i gers... quand je n'auraiplus quelui en ce monde... alors il me pardonnera, n'est-ce pas ?
UHSULE.
Oh! vous avez raison.
LOUISE
Eh bien, va le chercher; dis-lui que je suis bien malheureuse... que nous allons fuir! URSULE, s'en allant.
Oui, madame.
LOUISE, la rappelant.
Non, non, ne lui dis rien, qu'il ne soupçonne
rien... va, va donc, ne me laisse pas le temps de
perdre courage. Cet escalier dérobé, qui monte
chez toi, descend jusque dansleparc.et par là...
URSULE
Oui, madame.
Elle sort par la porte de droite ; Le'on est entre' par la porte du fond.
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