‹ ThéâtreChapitre 315 sur 971 · LOUISE, URSULE · texte numérisé non relu

LOUISE, URSULE

tOUISE , Irûs-agilée.

Eh bien ! Ursule... où est-il ?

URSULE

Dans ma chambre, madame...

Elle se dirige vers la porte par laquelle csl sorti Georses.

LOUISE, la retenant.

Oh! tant mieux!... j'aurai le temps dépenser, de réfléchir... car au milieu de cette foule je ne sentais plus... je n'entendais plus... je ne savais plus si j'existais...

URSULE

Oh! remettez-vous, madame, songez au cruel aveu que vous avez à lui faire.

Est-ce que je peux lui faire cet aveu?... Moi, lui dire que je l'ai si vite oublié, que je suis la femme d'un autre !... Avouer à Georges que j'ai consenti à épouser le fils du comte d'Avarenne... Oh! non, non, je ne le puis pas... je n'oserai pas.

URSULE

Mais qu'allez-vous donc lui dire?

LOUISE

Est-ce que je sais, mon Dieu?

URSULE

Mais il va venir, madame, il va venir, et si vous ne lui dites pas la vérité, quel parti prendre ?... qu'allez-vous donc faire?

LOUISE

Qne faire? mais je ne sais pas... Tu vois bien que je ne sais pas.

Elle pleure.

URSULE, la consolant.

Madame... Louise... ma Louise... Allons, un peu de courage... son danger est aussi pressant que le vôtre.

LOUISE, se remettant.

Oui, tu as raison, il faut le sauver, et peut-être alors... mais pour cela je veux savoir tout... Eh bien! dis-moi, que t'a-t-il dit? que veut-il? pourquoi est-il revenu ?

Ah! si vous saviez!...

LOUISE, avec impatience.

Mais c'est ce que je te demande.

URSULE

Si j'en crois quelques mots échappés à son impatience, il s'agirait d'un nouveau complot !

LOUISE

De'celui dont on a parlé tout-à-l'heure ?

URSULE

Je ne sais; mais il a ajouté : « Dis à Louise qu'il y va de ma vie, et surtout de mon honneur; car si j'étais découvert, ce n'est pas moi seulement qui porterais ma tête sur l'cchafaud... »

LOUISE

Les malheureux 1

URSULE

« Et dis-lui que cependant je ne puis quitter ce château sans l'avoir vue. »

LOUISE, réfléchissant promptement.

Ce château, il veut donc le quitter?

URSULE

Je le crois.

LOUISE, de même.

Il veut le quitter, il veut partir, bientôt, n'est-ce pas?

Tout de suite, uneheurepeutle perdre, m'a-t-Ll dit.

LOUISE

Tout de suite! oh! alors. Dieu m'inspire!... qu'il vienne... il veut fuir... eh bien, je fuirai avec lui.

URSULE, avec peine.

Vous aussi, madame?

LOUISE

Est-ce que j'ai autre chose à faire?

URSULE

Eh bien, oui, madame... oui, suivez-le, pr avec lui !

LOUISE

Et alors, quand il verra que je n'ai pas hfsit: un moment... quand je m'associerai à ses i gers... quand je n'auraiplus quelui en ce monde... alors il me pardonnera, n'est-ce pas ?

UHSULE.

Oh! vous avez raison.

LOUISE

Eh bien, va le chercher; dis-lui que je suis bien malheureuse... que nous allons fuir! URSULE, s'en allant.

Oui, madame.

LOUISE, la rappelant.

Non, non, ne lui dis rien, qu'il ne soupçonne

rien... va, va donc, ne me laisse pas le temps de

perdre courage. Cet escalier dérobé, qui monte

chez toi, descend jusque dansleparc.et par là...

URSULE

Oui, madame.

Elle sort par la porte de droite ; Le'on est entre' par la porte du fond.

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