‹ ThéâtreChapitre 358 sur 971 · GIULIO, LE BARO.N DE CADENET · texte numérisé non relu

GIULIO, LE BARO.N DE CADENET

LE CAUON.

Vos dernières paroles, monsieur, m'ont étrangement surpris... vous m'avez dit : ce iiianifestc à la main, pourquoi n'a-t-on i)as sauve Montmorency? Ceci était un secret, iiiousicur,.. uu secret d'état, qui vous la apiu-is?

GILLIO.

Votre fils.

LE BARON

Mon fils !

GIULIO

Ne vous ai-je pas dit que j'avais été son meilleur, son plus intime atni? I\'e vous ai-je pas dit qu'il mourut dans mes bras , et (]u'avant d'cipirer, il voulut que je devinsse le dépùsiiaire de ses pensées les plus secrètes?...

LE BARON

Votre parole, monsieur, votre parole que pas un mot de ce qu'il vous a conlié ne sortira de votre bouche; votre parole, il me la faut.

GIIHO.

Je vous la donne, monsieur.

LE BARON

J'y compte, il y va du repos de mes derniers jours. Savez-vous, monsieur, que, si l'on se doutait que je suis le détenteur de celte pièce importante, je ne me croirais plus eu sûreté ici, ni nulle part en France!

GRLio, à part.

Nos soupçons étaient bien fondés.

LE BARON

Savez-vous que pour l'anéantir, pour brûler cette feuille de papier au bas de hniuelle (laston a signé son nom, il pourrait fairu mettre le feu à mon château ! Mais personne ne sait que je tiens dans ma main ce brandon de discorde, cette preuve de haute trahison, qui ferait à jamais bannir du royaume le propre frère du roi.

GIULIO

Ce svait une juste vengeance de la mort do Montmorency.

LE BARON

Non, non, elle ne frapperait pas tous ceux qui y ont trempé, Riclielieu ca triompherait; elle aurait renversé son plus puissant ennemi. GIULIO, à part.

Ainsi ce sera!

LE BARON

Non, la mort du martyr ne sera point vengée; non, il n'aura d'autres prières que celles de sa triste veuve, de sa noble sœur, de son vieux serviteur... si vous aviez été témoin, monsieur, de cette grandeur, de cette constance en face de la mort... si vous aviez vu celte fièrc agonie !

GIULIO

Feu de geos oot iU témoins de son supplico ;

rJACASÎN TilEATRAL;

on avnit é\n\?,}i6 de sa prison tous les amis et serviteurs du duc.

LE BARON

J'y étais, moi! J'ai tout vu! Ce souvenir est est toujours devant moi! je vois toujours le duc tout pâle et languissant des blessures dont plût à Dieu qu'il fût mort sur le champ de bataille de Castelnaudary!...Je le vois dans cette grande chambre qui lui servait de prison en l'hôiel-deville de Toulouse ; cent vingt Suisses en gardaient la porte; huit compagnies étaient postées aux environs : Richelieu tremblait en son ame que quelque émotion populaire lui arrachât son pnsonnfer; mais ce peuple laissa faire la justice du parlement et la clémence du roi : Montmorency fut décapité 1 J'étais devant Téchafaud, 3 ai ramassé le mouchoir qui lui bandait les yeux, et le livre de prières qu'il lisait en allant à la mort!... Saintes reliques! je les eusse léguées a mon fils ie veux qu'on les enterre avec moi ! Mais il faut que vous soyez bien convaincu de l'iniquité et de Vinfamie de ce misérable Gaston; attendez...

Il va pour ouvrir une armoLre en fer scellée dans le mur. Givhio, àpart.

là, dans cette armoire en fer scellée dans la

muraille.

IB BARON est sur le point de mettre la Clef del armoire dans la serrure, mais il s'arrête tout-acoup en entendant un grand bruit qui se fait au dehors; puis il dit:

Quel est ce bruit T. ..{A Giulio.) Plus tard I

Il va voir à la porte du fond.

GltJtlO, à part.

Fatalité ! un instant de plus et j'allais être convaincu que l'écrit de Gaston existe encore, et que c'est là, {montrant Varmoire) là qu'on le tient

caché t

IB BARON, evenant avec une sorte d'indignation.

lui ! lui!

GIULIO

Qu'avez-vous , monsieur le baron? qu'avezvousT

LB BARON

Ce bruit de voix... ces portes ouvertes avec fracas... c'est le comte de Mauléon qui arrive au château.. Lui ! {Avec un froid sourire.) C'est bien! je ne Vallendais pas si tôt. Mais allons, allons recevoir M. de Mauléon, le futur seigneur de Cadenet; il ne faut pas que personne puisse croire que je vois avec peine mon héritier de droit. {D'une voix sourde.) Mon pauvre fils !

GIULIO

Monsieur le baron, cette agitation... cette pâleur...

LE BARON

Ce n'est rien, absolument rien l Mais venea... tenez trouver M. de Mauléon.

M. do Miuléoo paraît avec le chevalier Desgravaux.

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