‹ ThéâtreChapitre 371 sur 971 · SCENE V · texte numérisé non relu

SCENE V

LE BARON, giulio.

LB BAROX.

Me voilà, mon ami, me voilà... j'ai un peu tardé; mais c'était pour avoir la certitude que nul ne viendrait nous déranger... maintenant ils dor» menl tous dans le château.

GIULIO, lui montrant le grand fauteuil,

i^lonsieur le baron, veuillez donc vous placer dans ce fauteuil.

LE BARON

Je le veux bien, d'autant que mes pauvres jambes me portent difficilement ce soir. (// x'ai . sied. ) Oui, je suis tout faible, tout malade; oh je me fais vieux, monsieur de Lara, et ma vif ne tient plus qu'a un fil... til bien léger qu'un rieo pourrait briser.

GIULIO

Ab! monsieur le baron, quelles idées Tou avez là !

LE BABON.

J'aurais pourtant bien du regret de mourfr avant monsieur le cardinal!

GICLIO.

Il est plus à bout de ses jours que vous, moB.» sieur... Santa Maria! on lui donnerait cent ans: jaune, ridé, sans voix, le corps voùié, I Ueil éieint, il ressemble à un sac de parchemiu rempli d'Msemens.

LE BARON

J'aurais quelque satisfaction à le voir ainsi ua pied dans le sépulcre et se cramponnant pour ne pas y aller tout entier. Ah! c'est qu'on no meurt pas volontiers, charjié de tant d'iniquité» et laissant derrière soi tant de puissance, tant d'honneurs en héritage à ses ennemis!... CommO ils vont s'abattre sur cette curée!

ciri.io.

Gaston y aura la plus belle part.

LE BARON

Oui ( Tirant itn popirr de \on sein. ) Mais Wd

pourrait niellre celle belle jiari, au néant. C'csl la

,lBanife3ie de Béliers... c'est ce brevet de UcUeU

MAGASIN THEATRAL

dont j'avais promis de vous donner communica-

tiODl

GTOUO, à part.

Oh! si je n'é^utais que mon impatiencel

LE BARON

Vous verrez s'il était imprudent, comme vons le prétendiez tantôt, de se Gcr à la parole de Gaston, quand on avait ceci pour gage... prêtez bien attention... Mais la chnmbre du chevalier Desgravaux est la... contiguë à la vôtre.

GlllLlO.

Soyez sans inquiétude, le chevalier dort, et personne ne peut entrer ici; j'ai mis le verrou à cette porte.

LE BAROX.

Très-bien. ( Ouvrant le papier et lisant.) «Nous, » Gaston, fils de France, faisons savoir qu'après » nous être adressé au roi notre frère et au parle- » ment de Paris, pour demander justice contre » Armand, cardinal de Richelieu, perturbateur » du repos public et tyran de la noblesse et du » peuple, nous invitons tous nos bons serviteurs » â se joindre à nous, déclarant que notre inten- » lion est de prendre le gouvernement du » royaume et d'en chasser celui qui, contre nos >» droits, s'est emparé de toute autorité; sans per- » mettre qu'il soit fait aucun déplaisir aux bons » et fidèles sujets qui se lèveront avec nous pour » le salut de l'État. Fait en notre camp de Bér> ziers, le premier juillet seize-cent trente-deux. » Gasion. »

giul:o.

Oui, c'est bien là sa signature.

LE BARON

Eh bien ! qu'en dites-vous î

GICLIO.

Je dis que la trahison est patente, et que Richelieu ferait la fortune de celui qui lui livrerait cet écrit.

LE BARON

Oh! oui, certes on le ferait riche, celui-là. (Se levant.) Mais nul ne sera celui-là*.

GlULio, à part.

Tu te trompes... celui-là, ce sera moi!

Il ouvre les rideaux de la fenêtre.

LE BARON

Non, non, Richelieu; non, jamais tu ne posséderas cet écrit.

11 remet le parcliemin dans son sein. On entend dehors le son d'un cor.

GICLIO, à part.

C'est le signal!

LE BARON

Qu'est-ce que cela?

GicLio, avec uue espèce d'étonnement.

Quoi, monsieur le baron ?

LE BARON

Comment! vous n'avez rien entendu?

Glt'LIO.

Rien.

* Giulio, le Barot>>

LE BAHON.

C'est étrange... Me scrais-jedonc trompé? Mais il m'a bien semblé entendre ie son d'un cor, là... sous cette fenêtre. {Il court a la lencire.) Ciel l que vois-je ?

GICLIO.

Qu'est-ce donc?

LE lARON.

Des hommes... des hommes en armes qui entrent dans le château... Ce son de cor... c'était un signal, un appel... oui... mais ces hommes sont des malfaiteurs. Courons, seigneur Giulio, cou* rons à eux.

LÉoNA, accourant à moitié habillée.

Monsieur le baron! [Apercevant le baron.) ÀiiX monsieur... si vous saviez !

On Voit eiilrer p lusicurs hommes armes. vv\a*v\v*\vv*v\^\v\A\\\v\\v,\x\\v\\\\\v\w\vv»\m\\v\\vv\W»

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