I.ÉONA
Mais il n'est pas tard... quatre heures viennent de sonner à l'église du Pecq ; et queltiucfois le seigneur Giulio vient à minuit... vous savez qu'il ne quitte guère la cour, et que son service le relient souvent dans les appartemens de la reine!
LAURB.
Oui, son service le retient à la cour... Oh! quand je regarde les fenèlrcs de ce royal château de Saint-Germain, qui le soir resplendissent de clartés mouvantes; quand, apporte» par le vent les sons d'une musique éloignée s'tMèvcnt par intervalle, répétés par les échos de la lorôt, mon cœur se sent, il me semble que mon malheur doit \eair de lu.
LÉONA
Quelles pensées, madame!
LACRE.
Si tu savais combien je voudrais me reposer enlin de ces terribles agilaiions! quelles peines amères, quels doutes déchirans m'assiègent! oui, il est riche, il est puissant; il vit à la cour, et pourlant on ta dit que personne n'y coimaissait Giulio de Lara... O mon Dieu, mon Dieu! qui ni'cclairera!
LKONA , riant.
Mes caries! (D'un ton tnajcstiteux. ) Vous l'avez voulu, madame... l'oracle va parler.
Elle ct.ilesoii jeu de cartes sur la tal<!o. LAURB.
Je le veux bien... va, je suis folle !
Kllc vas'ainmjiT jur l.i i.lij\4edc Lvoiia.
LÉONA , d'un ton grave.
Et d'abord ce roi de cœur entre le sept de pique et l'as de carreau vous annonce d'une maniera certaine que le seigneur Giulio s'appelle véritablement Giulio de Lara, qu'il occupe uii ei-iploi prés de la reine , qu'il vous aime et qu'il ne vous a jamais trompée!
LAURE
Oh! puisses-tu dire vrai !
LÉONA , 'jravemeiit.
Les caries ne trompent jamais... Oh! oh! voici de tristes nouvelles de quelqu'un que vous avez oublié, sans doute!
LAURE
Eh! qui donc?