I.ÉONA
Votre cousin Desgravaiix.
LAUBE
Et que te disent les caries?
LICO.NA.
Que le pauvre homme est mort en se rendant au cliàleau d'un de ses parens !
LAUllE.
Mon pauvre cousin!
LÉONA
Dieu veuille avoir son aine, s'il en avait une!
( Continiiaitt d'tjavnncr ses caries. ) Ah . mes cartes ne sont point de mon avis sur un aulro point!
LAURB.
Que veux-tu dire?
Ohl ceci est un secret a moi! une chose dont je ne vous ai pas parlé... quelqu'un que j'avais cru reconnaUre à Paris, la derniéie fois que j'y suis allée.
LAURS.
Mais qu'est-ce donc ?
LÉONA
Puisque je vous dis que je me suis trompée... que c'était une folie!
LAl'KE, b2is^ant les ijcitjc.
N'as-tu donc rien a m'apprendre sur M. Ic cuinic de Maulcon!
LÉONA
Vous savez que, blesse dans son duel avec lo seigneur Giulio et ranicnc au chàleau, AI. do
MAGASIN THEATRAL
Mauléon n'avaît pu découvrir le fatal secret... Vous, désespérée, la tête perdue, pour le connaître, ce secret, vous êtes partie pour Paris !
LAURE
Et ce secret... il le possède toujours... Depuis cinq ans jamais il n'a voulu le livrer à mes prières.
Votre voile, qu'en votre fuite vous laissâtes tomber sur les bords de la Sorgue, fit croire que TOUS y aviez cherché la mort; et moi, j'accréditai ce bruit, en attendant qu'il me fût permis d'aller TOUS rejoindre I
LAORE.
Tu voulais me sauver l'honneur!
LÉONA
Quand, à mon tour, je quittai le château, M. de Mauléon, rétabli de sa blessure et persuadé de votre mort, avait reçu l'ordre de rejoindre en Catalogne son régiment. {Examinant ses cartes.) Maudites cartes! je les consulte en vain... elles sont muettes sur tout le reste... je n'y découvre qu'une chose...
LACHE, vivement.
Quoi donc ?
LÉONA
Eh! ce que nous savons, c'est que M^fi de Faverney a succombé à ses souffrances, et que maintenant le château de Vaucluso est désert, abandonné, et qu'il n'y reste plus rien.
LAURE, avec desespoir.
Rien... que le souvenir de mon déshonneur!
LÉONA, lui montrant deux cartes.
Allons! tenez... voici deux caries qui vont chasser toutes vos idées noires!
LAURE , avec empressement.
Et qu'annoncent-elles?
LÉONA
Que monseigneur va venir.
LAURE, avec joie. Tu le crois ?
LÉONA
J'en suis sûre.
LAURE , se levant.
II va venir! Oh ! il ne faut pas qu'il voie que j'ai pleuré... et pour lui plaire, je vais mettre cette parure qu'il aime tant... Viens, Léona, tu vas m'aider... Christine est toujours dans le jardin, n'est-ce pas?
LÉONA
Ne la voyez-vous pas d'ici?
LAURE , vivement.
Et tu es bien sûre qu'il va venir?
LÉONA
Faut-;1 lionc vous le répéter? {A part. ] >l m s cartes m'en ont dit un mot, je veux mimui:; !... Mais bahl ne fallait-il pas la consoler?... j':.i de plus gros péchés sur la conscience.
Laure sort; Léona va la suivre, qa,-(ad elle est ,.t l'Ii'.; ] ar Giulio.
GICLIO.
Préviens ta maîtresse que je suis ici.
LÉONA
Oui,monseigneur,(4par/.)TiensI j'avais deviné juste.
Elle sort.
\V\>V\ WVWAWWWV
>V\\\\\%\\\\\\x VVXWWWW»