SCENE XI
Les Mêmes , hors LÉONA et CHRISTINE.
DESGRAVACX.
Écoutez donc... écoulez donc... Quand on n'en a pas d'autre, et qu'on tient à soutenir l'honneur de son nom... et puis il y a bien un feu de la faute de tous mes nobles parens... Ne voilà-t-il pas qu'ils savisent tous de mourir ou de s'en aller je ne sais où '... Quand j'ai eu mangé jusqu'à la dernière pierre de mon château, où il pleut toujours , jusqu'à la dernime broussaille de mes champs où il ne pousse rien , je me suis dit : Desgravaux, mon ami, tous tes amis sont morts, ta belle cousine, mademoiselle de Nangis, s'est jetée à l'eau. . pardon, je le croyais. M. de Mauléon fait la guerre en Castille, tu ne peux pourtant pas souffrir que le dernier des Desgravaux meure de faim... alors c'est au gouvernement à te nourrir... Et aussitôt...
MACLÉON, (ivec dédain.
Vous vous êtes fait le vil agent de Richelieu?
DESGRAVAUX, vivement.
Ou d'un autre... ceci est mon secret... Du reste, mon cousin, je suis charmé de voir qu'il y a er-'
ro';r je venais arrêter M. de Mondurand,
major du régiment d'Auvergne , et non pas M. de Mauléon...
j MAULÉON.
; Faites donc votre devoir !... je ne devrai pas ma
j liberté à un mensonge. . je suis le major du ré-
I giment d'Auvergne , j'ai pris le nom de Mondu-
I rand d'un de mes fiefs de Touraine...
DESGRAVACX.
I Vraiment, mon cousin, vous me désolez ; je no demandciuispas mieux que de vous laisser partir, I de m'en aller en Touraine avec vous... et voilà ■ maintenant qu'il faut que je vous arrête 1 , LACRE, bas à Mauléon.
Sauvez- vous I... sauvez-moi!... (Lui glissant
! l'anneau dans la main.) Tenez... cette bague!
M.iCLÉON, prtnant la bague, à part.
Oui, c'est un moyen desavoir la vérité!... [Haut
avec ironie.) Monsieur Desgravaux, j'ai voulu
voir jusqu'où vous pousseriez l'accomplissement
de vos devoirs, et si vous sauriez, pour les rem^
plir, étouffer toutes vos affections... je vois qua
LE CHATEAU DE SAINT-GERMAIN
l'état possède en vous ud bon serviteur... mais celte fois il n'exige pas de vous un si cruel sacrifice... je suis à l'abri de toute poursuite, monsieur Desgravaux... j'ai un sauf-conduit dont vous reconnaîtrez sans doute la valeur... {lui prétentant inul~à-coup l'anneau) et cette bague!... PESGRAVADX, reculant avec respect.
Ah! mon Dieu!
LADRE à part.
Il est sauvé !
HAULÉox, à pari.
Quel est donc ce Giulio?... {liant.) Eh bien! monsieur Desgravaux, vous reconnaissez, n'est-ce pas, la toute-puissance de ce sauf-conduit? DESGRAVACX, s'inclinant.
Sans aucun doute.
KADLÉOîî, à part.
Oh! si je pouvais savoir! {Haut.) Vous avez reconnu les armes, le chiffre de monseigneur... DESGRAVAUX, bas à Mauléon.
€hut!.. chut!., ne le nommons pas.
MADLÉON, à part avec rage.
Je ne saurai rien encore. — Oh! mais demain il faudra bien qu'il me dise tout.
DESGRAVACX.
Et maintenant, mon cousin, il ne me reste qu'à m'excuser, qn'à vous prier d'oublier le souvenir de cette petite scène désagréable... {Bas à Mauléon.) Nous nous verrons sans doute... chez lui... chez monseigneur... {Aux exempts qui sont restés au fond.) Messieurs nous allons partir... il y a eu méprise. (A taure.) Au revoir, ma charmante cousine. {A Mauléon.) Mon cousin, si vous allezjamaishabilervotrefiefdeTourainc. ..comptez sur moi! {A Léona qui rentre avec des lumières.) Et toi, ma belle Léona...
Il Veut lui prendre ta main.
Lé05A, le repoussant.
Mes cartes m'avaient pourtant dit que vous étiez mort!,., c'est égal, allez, vous ne vivrez pas!
Elle sort en poussant devant clic- nesgravaux et les exempts.
SCEWE XII.
LÀURE, MAULÉON.
LAUBE
Eh bien! doutcroz-vous encore de sa puissance?...
-MAUI.KOX.
Hais quel est donc cet homme?... ce mysté-
rieux Giulio !... Oh! mais tout-à-l'heure il doit venir en ces lieux, tout-à-l'heure nous saurons tout... Patience, Laure patience... et ayez bon espoir ; car, je vous l'ait dit, vous avez maintenant un appui, un protecteur.
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