‹ ThéâtreChapitre 394 sur 971 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

Î.H3 Mêmes, SOEUR DE LA MISÉRICORDE.

SOEUR DE LA BIISÉRICORDE

Pardon, nies s eurs, si je vous ai t'ait tant attendre... mais ce jour est pour moi un jour d'épreuve. Là, tout-à-l'heure, la religion et le monde vont se disputer mon cœur, et pour faire triompher Dieu, il m'a tallu chercher des forces dans une lervente prière... et ces forces, je les ai. mes sœurs, du moins, je le crois. (Avec inquiétude.) Mais la sœur tourière tarde bien à m'amener ici ma iille '.

SOECR UADELEINB.

Ici... Que dites-vous?

SOEUR DE LA MISÉRICORDE, ovcc lin Élan de joie.

Ici, oui, mes sœurs, icil ma ûlle va venir dans noire parloir.

LA xocaiËRB.

Dans notre parloir?

SOEUR DE LA MISÉRICORDE

Vous êtes surprises... Ahl sans doute, il ne nous est pas permis de montrer notre visage a ceux qui ne sont pas des nôtres,., il ne nous esi pas permis de parler à nos amis, à nos parens, a tout ce qui nous est cher sans que ce long voile de deuil ne soil làsur cetlegrille pour intercepter un coupable regard... Oh! mais j'ai été trouver la prieure... je me suis jetée à ses genoux... je l'ai suppliée de faire taire aujourd'hui la règle de la maison... C'est ma tille, lui ai-jc crié '. ma iillc que je n'ai pas vue depuis douze années... Vous le savez, lui ai-je dit, plusieurs fois, je lai renvoyée, celte pauvre culant, sans vouloir l'entendre... je doutais de moi... j'avais peur de la préférer un inslant à Dieu. Aujourd'hui, ce danger n'est plus, je suis torte... je sorlirai \iclorieuse de la'Iutte. Oh ! accordez. moi la griice que je vous dciiandc... Et vaincue par mes prières, par mes larmes, la prieure a consenti... Oui, je verrai ma fille, je pourrai la presser sur mon sein, la couvrir de mes baisers... je pourrai lui dire : Mon enfant, c'est moi, moi, qui ne l'ai pas vue depuis douze ans, moi qui pleure, moi qui suullre, moi qui suis la mère!...

SOEUR HADELEmB.

Ainsi donc, la prieure consenl...

SOEUR DE LA UlSÉdlCORDB.

Oui... Mais n'cnicndcz-vous pas? on vient, c'est ma tille. {^A. ia loutHre nui cuire.) Yuycz, voyet

la tourière me l'amène. [A la tourièreqMreferme la poc/fi.) Ehquoil seule?

LA locaitiui.

Seule, ma sœur !

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