‹ ThéâtreChapitre 408 sur 971 · SCENE II · texte numérisé non relu

SCENE II

MAZARIN, seul.

Oui, ce mariage du roi avec l'infante d'Espagne assure mon pouvoir et ma grandeurl Si je mène à bien cette négociation importante, ce sera le triomphe de ma politique; et ce grand acte couronnera dignement ma vie. Ah! ma belle et ambitieuse nièce, vous avez cru que je laisserais à la merci de vos projets la gloire du roi et le bien de l'état; non, vous n'cpousi-rez pas Louir XIV, vous ne serez pas la femme du roi de FfAUce!.-. j« quillçrais plutôt le poste jilurieux

d'oîi je gouverne depuis tant d'antiées ce royaume; je l'ai déclaré ce matin au jeune roi, et cette alternative l'a touché, et cette noble abnégation l'a rempli pour ma personne d'une nouvelle estime; croyez-le bien, ma nièce, il renoncera plutôt à une femme comme vous qu'à un ministre comme moi!... Allons, tout conspire au succès de mes entreprises!... Ce mariage de mon neveu Philippe de Mancini avec la jeune et riche comtesse deThianges; ce mariage, voulu par la reine, me mettra plus haut que jamais dans sa faveur. Mais pourquoi donc ne suis-je pas heureux au milieu de tant de grandeurs? Le vulgaire m'envie... ah ! sait-il combien de rêves brisés, d'affections foulées aux pieds, de sermens trahis ont servi de marcbe-pied à ma puissance? ( Marchant avec agitation.) Voici l'heure où, il y a de longues années, je m'acheminais vers cette maison du Pecq où m'attendaient une mère et son enfant... {Enir'oHvrant un rideau.) L'oroge s'est calmé; le ciel est pur... Je vois se dessiner au loin ce massif d'arbres où se cachaient pour moi tant d'affections, tant de sentimens intimes et purs pour jamais évanouis!. . (Marchant de nouveau. ) Ah! Idissons la ces souvenirs... chez moi ils dorment er.fouis sous la pourpre et la grandeur; ailieurs le siier.ee du cloître les a pour jamais ensevelis.

Page 1