MAZARIN, UN OFFICIER DES GARDES
l'officibr.
Monseigneur!
HAZARIir.
Que me veut-on î
l'officier, avec embarras.
Une religieuse qui a bravé tous les ordres... toutes lei déienses... elle est entrée au château.
MAZARIN
Une religieuse!
l'officihr.
Oui, mousci2;neur, sa raison paraît troublée... des mots sans suite sortent de sa bouche... elle veut parler au roi... ïcucz, l'entendez-vous? SOEi'R DE LA MisÉRicoRUE, écartant ceux qui veulent Vcmpéchcr d'entrer, d'un air égarf.
Le roi t.. . je veux parler au roi I
L'OFriClF.R.
La voilà!... c'est elle !
SOEUR i>E LA uisiiRicoRDK, aux gcnoux de Blazarin.
Ah! sire, justice I justice I
lUAZARlN, n pari.
Grand Dieu I
SOËllR PB LA MISKIIICORDB.
Pitié, ]iilié pour une pauvre mère!...
MAZAKI?!, a part.
Laurc de .Nans'»-- [Uaui à iOffirier.) Sorltïl L'Ulli..ici'*oii,
MAGASIN THEATRAL
SOEUR DE LA HISÉRICOllDE.
N'est-ce pas, sire, n'est-ce pas que je ne suis pas une folle ?
MAZARiN, la relevant avec bonté.
Relevez-vous, madame, relevez-vous.
SOEUR DE LA MISÉRICORDE
Oh! vous aurez pitié de moi!... vous ne ferez pas comme ces hommes et ces femmes qui couraient après moi sur la roule en m'appelant la folle! la folle!... {Avec terreur.) Ils me suivent encore, monseigneur... déiendez-moii... (Pleurant.) Uoi, une folle... parce que j'ai perdu ma fille t.. .
UAZABIN , troublé.
Que dites-vous?
SOEUR DE LA MISÉRICORDE
Oh! vous êtes grand! vous êtes puissant! vous êtes le roi; faites-moi rendre ma fille !... elle m'a été enlevée... sousmes yeux. ..malgrémes cris... et le coupable... Ahlmon Dieu!. ..le nom, lenom... Ah! le coupable... c'est Philippe delflaacini!
MAZARIN
Philippe de Mancini!
SOEUR DE LA MISÉRICORDE
Oui, c'est le neveu de IMazarini... Il a enlevé ma fille... mon seul bien , ma consolation 1... et ce n'est pas tout, monseigneur!... 0 sire, vengez-moi!... Ce Mazarin , votre ministre, vous ne savez pas, mon Dieu, tout le mal qu'il a fait à une pauvre femme 1
MAZARIN, avec pitié.
Laure de Nangis, revenez à vous...
SOEUR DE LA MISÉRICOROE , le regardant avec surprise.
J'étais jeune , heureuse, tranquille... Jlazarin est venu, il m'a aimée, il me la juré... puis il m'a abandonnée lâchement... et j'étais mère!... J'ai tout quitté... tout trahi pour le suivre... lui, Mazarin I... et maintenant, il m'enlève tout, jusqu'à mon enfant!... Et cet hommeest puissant!... et il régne... et il gouverne la France!... Ah! n'est-ce pas, sire, que c'est un misérable , et que vous le chasserez !
MAZARIN, lui prenant les mains.
Laure de Kangis, écoutez-moi!... Je ne suis pas le roi... je suis cet homme... ce misérable qui vous ai trompée... qui vous ai perdue!., je vous ai trahie sans pitié, sans remords, et maintenant par une inexplicable fatalité, ma famille encore vient vous arracher la paix du cloître. Il semble que moi et les miens nous soyons nés pour votre malheur, et pour votre ruine!.. .Laure de Nangis, venez avec moi!... là est l'appartement du roi, venez démasquer l'homme qui a voué vos jours au désespoir et à l'opprobre. ( Tâchant de se faire reconnaître d'elle. ) Laure de Kangis, au nom du ciel, regardez-moi bien... reconnaissez-moi, mon Dieu, pour vous venger et pour me maudire.
SO£UR DE LA MISÉRICORDE, le regardant avec surprise et égarement.
Que dis-tu? Toi... toi... Mazarin. {Elle lui !
prend la main et le considère quelque temps avec stupeur.) Il se pourrait... grand Dieu!.. .je te reconnais maintenant... oui... oui. (Se reculant avec effroi. ) Tu es Giulio de Lara... tu es 3Iazarin. {La 7nain à son front.) Oh! la raison me revient maintenant!... c'est toi que je cherchais pour ravoir ma fille. {Se jetant à ses genoux.) Rends nioi mon enfant... et j'oublie tout, et je pardonne tout!... Mazarin, rends-moi mon enfant!
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