‹ ThéâtreChapitre 483 sur 971 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

JULES seul, sortant de sa stupeur.

Et je venais à eux avec joie!... et j'allais leur offrir mon dévouement et ma vie!... Hélène! Hélène ! ton frère m'oulrager ainsi !... me traiter en mendiant!... m'accabler de son orgueilleux mépris!... Oh! l'insuUe!... l'insulte!... et je l'ai dévorée en silence!... et je n'ai pas brisél. . Oh! Hélène, Hélène, qu'il faut que je t'aime!... (// tombe sur un escabeau.)To\, qui n'as pas de nom, m'a-t-il dit ! . . et il a dit vrai !. . Est-ce que j'ai un nom, moi? une famille? un seul ami? Est-ce que la vue et la parole d'Hélène ne me sont pas interdites ? est-ce que depuis quinze jours j'ai pu seulement entrevoir sa robe, le soir, a la croisée? est-ce qu'une seule fois elle m'a jeté son bouquet avec de douces paroles d'amour? non, non... j'ai tout perdu. C'était un rêve ! un rêve des cieux!... Je m'éveille aujourd hui misérable, inconnu, enfant perdu que ne réclame nulle affection, nulle pitié! mendiant repoussé, à qui on jette une aumône... Adieu, illusion ! adieu, bonheur espéré. (Se levant avec explosion.) Mais aussi, adieu la viel... je ne la supporterai pas!... Pardonnezmoi, mon Dieu, vous qui m'avez donné un cœur trop haut pour souffrir et trop d'amour pour me venger. {Hauucrio parait et témoigne sa joie de le revoir; mais bientôt il l'écoute avec l'tonncmcnt.) La mort est là... (il montre le précipice ) facile, ignorée., je disparaîtrai dans ce gouffre sans lais-

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