SCÈNE VIII
M"" MONTBAILLY, GEORGES.
(Moment de silence entre les deux personnages. Georges regarde avec impatience ceux qui s'éloignTSnt.)
M"" MOKTBAILl Y, se retournant vers lui. Sont-ils partis?
GEO no ES.
Pas encore, pas tout-à-fait!., comme ils marchent lenlCDient! on dirait qu'ils le font exprès... mordieu !
M"* MONTBAILLY.
Silence, Georges ! tu m'as promis de ne plus jurer.
GEORGES
C'est juste... Ah! enlin ! plus personne. (M°" Monlbailly lui tend la main; il l'embrasse, en s'écriant : ) Ma mère ! ma bonne mère !
M"'* MONTBAILLY.
Oui , ta mère , qui est bien Écureuse lorsque tu l'appelles ainsi !
A la bonne heure, donc î ça me dédommage de la contrainte que j'éprouve devant tout ce monde ! tenez, voyez-vous, depuis quelque temps surtout, avec tous les propos qui se répandent dans la ville , je n'y peuv plus tenir; à chaque instant je perdspatiencc,je m'emporte, je nie mets en fureur malgré toutes les promesses que je vous ai laites... et je n'ai un peu de bonheur que lorsque je suis seul avec vous.
M"" M0NTU\1LT.Y.
Georges! mon cher Georges!
(tilc lembrassc encore.) GEORGES, s'écriant.
Ah ! mon Dieu !
M"" MONTBAILLY.
Eh bien?
GEORGES
On m'a vu vous emi)iasser... par ici, le cousin Duval... cl parla, Michel, Tenragé serrurier!
M"" MONTBAILLY.
Qu'importe ?
«&> GEORGES
Comment, qu'importe? ah! je vois bien que vous ne savez pas pourquoi est venu cette maudite querelle.
M""* MONTBAILLY.
Si fait, je m'en suis doutée.
Et ça VOUS est égal qu'on m'ait vu.
M"^ MONTBAILLY.
Tout-à-fait égal; fais-les venir tous les deux.
GEORGES
Plaît-il?
M°" MONTBAILLY.
Je n'attendrai pas davantage pour dire à mou cousin le secret que je lui ai promis.
GEORGES
Ce secret... qu'est-ce que c'est donc?
M"^" MONTBAILLY.
C'est qu'à la face de tous , tu peux enfin , Georges, m'embrasser et me nommer ta mère, GEORGES, avec joie.
Est-il possible ? ah ! ça serait trop de bonheur, et quoique vous me le disiez , je n'ose pas encore y croire... mais comment se fait-il? expli- < quez-moi...
M"* MONTBAILLY.
Devant eux... je dois la vérité à mon parent, et je dois une petite leçon à M. Michel. Appelle» les, appelle-les.
(Tous deux, pendant ces dernières lignes, ont paru à
l'extrémité du théâtre ; Michel à gauche et Duval
à droite.)
GEORGI'.S.
Je n'aurai pas grand' peine, les voilà... M. Duval, la bourgeoise vous attend... Serrurier, tu n'es pas de trop... approche, on veut te parler.
MICHEL
Mais...
(M°" Montbailly l'invite du geste à rester.)
GEORGES, lui prenant brusqucmeut la main.
Je te dis qu'on veut te parler.
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