‹ ThéâtreChapitre 565 sur 971 · DUVAL, SUZANNE · texte numérisé non relu

DUVAL, SUZANNE

DUVAL , sans la voir.

Son cousin ! son cousin ! oh î je suis furieux! Cet homme se trouvera toujours sur mon passage pour me nuire, pour me désespérer ! (l'endant ces derniers mots Suzanne marche vers le pavillon de gauche.) Ah! je vous félicite, Mademoiselle, vous avez la main heureuse, et votre choix était assez bien calculé pour une femme qui est résignée à vivre et à mourir pauvre.

SUZANNE

Comment ! que voulez-vous dire ?

DUVAL

Que mon rival , que M. Georges, l'ouvrier que vous m'avez préféré, est maintenant le maître de cette maison.

SUZANNE

Le maître de cette maison !

Dl'VAL.

Qu'il joint le nom de Montbailly à son nom de baptême ; enfin qu'il n'est pas, comme la calomnie s'était plue à le répandre, l'amant, mais le fils, le fds légitime de la veuve.

SUZANNE

Son fils!., ah! merci, merci, M. Duval...voiis ne savez pas quel bien vous me faites.

DtVAL.

Plaît-il?

SUZANNE

Je souffrais tant... ces horribles soupçons qu'avaient fait naître la préférence accordée par elle à Georges, à celui que j'aime... vous m'aviez bien dit que je ne devais pas y croire, que tout cela n'était que mensonge et fausseté; mais, malgré moi , j'y croyais toujours... malgré moi, j'étais... j'étais jalouse... mais je ne le suis plus... c'est sa mère, n'esl-il pas vrai, vous me l'avez dit... oh! vous ne pouvez pas mentir , vous ! c'est sa mère ! c'est sa mère !

DUVAr,.

Elle hérite aujourd'hui d'une ronlo de quinze mille livres, et vous concevez que selon loiite apparence, elle n'approuvera pas facilement...

SIZAN.NE.

Son amour pour la pauvre orpheline... il est vrai, VOUS avez raison, M. Duval, et celle parole adétruit tous mes rêves de bonheur... Tenez, je me rappelle à présent ce qui me faisait le plus souffrir

que vainementjevoidais repousser... c'est qu'hier M"* Montbailly m'avait parlé de Georges...

DUVAL

Eh bien ?

SUZANNE

C'est qu'elle m'avait demandé, et cela m'avait paru bien étrange, elle m'avait demandé de renoncer à lui, de ne plus permettre qu'il me parlât de son amour... il était de mon devoir, disait-elle , de céder à sa prière, et ce serait lui prouver que j'avais pour elle im peu d'amitié.

DUVAL

Ah! ma cousine a dit cela? en vérité.

SUZANNE

3e comprends toiumainienant. Elle a le droit, en effet de choisir la femme de M. Georges , et je sens trop bien que cette union est impossible.

DUVAL

Impossible ! oui, je le crois en effet... Je le crains. Mademoiselle.

(Ici, M""* Montbailly et Georges rentrent au fond et

écoutent ce qui se dit sur le devant du théâtre.)

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