‹ ThéâtreChapitre 572 sur 971 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Les Mêmes, MICHEL.

MICHEL, paraissant au fond et saluant.

M. Georges, Madame... bien le bonsoir!., je viens rendre ma petite visite à M""' Montbaillv... cst-eile visible ?

GEORGES, le regardant avec déflance.

Ah ! c'est vous, M. Michel.

MICHEL

Moi-même, pour vous servir, M. Georges.

GEORGES, bas à sa femme, en le toisant toujours.

Tu te trompes, Suzanne... celui qui est placé sans cesse entre ma mère et nous, ce n'est pas un ennemi, ce n'est pas même un méchant homme... c'est un sot, un bavard...

MICHEL , à part.

Est-ce qu'ils parlent de moi? comme ils me regardent!

GEORGES, mCme jeu de scène.

C'est un homme dont toute la vie se passe à s'inquiéter de ce qui se fait chez autrui; c'est l'écho de toutes les sottises , de tous les commérages qui se débitent par la ville... enfin, c'est lui , c'est Michel le serrm-ier.

MICHEL

Ah ça ! mais, avez- vous fini bientôt de me dévisager comme vous le faites ?

Allons donc, un peu de patience, serrurier... je ne te chercherai pas dispute, comme il y a six mois... je te méprise trop à présent pour lever la main sur toi , vois-tu !

MICHEL

Hein? plaît-il? tant d'insolence...

SUZANNE

Georges... je t'en conjure...

GEORGES

Qu'est-ce que tu viens faire ici à chaque instant ? pourquoi n'es-tu pas chez toi , à tes all'aires, à ton ouvrage... qu'est-ce que tu veux? qu'est-ce qui te deraande? qu'est-ce qui t'appelle?

MICHEL

Ce n'est pas vous ni Madame , je le sais bien. . . mais c'est votre mère!., il faut bien que ses amis viennent de temps en temps lui tenir compagnie et la consoler... elle est si malheureuse!

GEORGES

Malheureuse !.. et par ma faute, n'est-ce pas, par ma faute? C'est toi, misérable , c'est toi qui l'as dit, je le sais... j'ai entendu le cousin Duval te le reprocher ce matin même.

SUZANNE

Oui, Monsieur... oui ,je me souviens en effet que devant nous il vous a accusé d'être l'auteur, par votre indiscrétion, et des chagrins de notre mère, et de toutes les discussions qui viennent allliger notre ménage.

Le cousin Duval est trop bon , je le lui ai dit cent fois ; il tolère tout , il excuse tout le monde, il ne veut ni voir ni soupçonner le mal... moi, je ne lui ressemble pas, j'ai de bons yeux et je vois du mal partout ; et je dis franchement, hardiment mon opinion sur tout ce que je vois... v'ià mon caractère.

GEORGES

Oh! c'en est trop, mordieu! c'en est trop... Va-t'en , serrurier de malheur, va-t'en, méchant ou imbécille, tu es une peste trop dangereuse... va-t'en... que je ne te te revoie plus, sors de chez moi à l'instant , à l'instant même.

MICHEL

Je ne suis pas chez vous, M. Georges! (Montrant M"* Montbailly qui entre par la gauche avec Duval. ) Je suis chez M"' Montbailly.

GEORGES et SUZANNE, ensemble.

Ma mère !

MICHEL

Et s'il lui plaît de me mettre à la porte , à la bonne heure... je suis prêt à lui obéir.

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