‹ ThéâtreChapitre 586 sur 971 · GEORGES, OLIVIER, SUZANNE · texte numérisé non relu

GEORGES, OLIVIER, SUZANNE

SUZANNE

Vous venez bien tard, Monsieur; mais on vous aime trop pour ne pas vous pardonner.

OLIVIER

Ne m'accusez pas. Madame, et plaignez-moi plutôt d'avoir tardé si long-temps à tenir ma parole. Si vous saviez que d'obstacles il m'a fallu vaincre ! si vous saviez comme, loin de ces lieux, les journées et les heures s'écoulaient lentement à mon gré!.. Enfin, me voilà dans cette ville, dans cette maison qui renferme tout mon espoir, tout mon bonheur!., mais, ditesmoi , dites-moi... ces tourmens de l'absence étaient-ils partagés, du moins?., et dois-je croire à cette parole obligeante que vous m'avez adressée tout à l'heure : celle que j'aime, que j'aimerai toute ma vie, m'attendait, dites-vous, avec un peu d'impatience?

SUZANNE

Oh ! oui. Monsieur... je vous le jure.

OLIVIER

Et ce n'est pas un rêve, une erreur... c'est de vous-même que je viens d'en recevoir l'assurance, je suis aimé! toujours aimé!

SUZANNE

Oui, Olivier, toujours !

(Pendant les phrases précédentes, Georges est reveau peu à peu à lui. Ici, il se lève avec fureur, cherche partout une arme autour de lui, saisit la hache suspendue à la muraille, et vient s'élancer entre Suzanne et Olivier.)

GEORGES, entre eux deux, et la hache levée sur leur» têtes.

Misérables !

(Suzanne pousse un grand cri ; au même instant, Thérèse a paru au fond du théâtre ; elle descend vivement et vient, en tombant à genoux, arrêter le bras de Georges. Puis, à peu près en même temps, Duval est entré avec Michel, et ce dernier s'empare de la hache, qu'il pose sur un meuble. Georges demeure immobile et comme frappé de stupeur. Suzanne pleure; Thérèse se relève et regarde autour d'elle avec inquiétude.)

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