SCÈNE III
MICHEL, GEORGES, SUZAiNNE , LE MAGIS- TRAT , THÉRÈSE , OLIVIER , des Moines , DES Gardes, le Bourreau, Peuple.
(Georges, Suianne, tous deuwCtus seulement d'ua grand peignoir blanc , et la Ictc couverte d'un voile noir , entrent entourés de gardes, et ayant chacun un moine auprèsd'eux; les deux Magistrats, en robes rouges semblent diriger et surveiller cette marche. Le peuple suit le cortège; mais les soldats, lur un signe du Magistrat, se rangent en haie au fond du théâtre pour l'empêcher d'avancer; et Michel se trouve refoillé vers le fond avec les autres. On tire les rideaux de l'alcùvc, l'on voit la veuve Montbailiy étendue sur son lit, enveloppée d'un linceul, mais la tète découverte. Georges et Suzanne, amenés de ce côté, témoignent une vive émotion, et pleurent en regardant la morte; puis, sur un signe impératirdu Magistrat, tous les deux tombent à genoux,)
f.E0RC;E5.
On m'ordonne de me prosterner devant toi et de te demander grâce, ma mère!., j'obéis... oui, grâce pour moi, que tu as tant aimé, et qui parfois t'ai causé, sans le vouloir, bien des chagrins, bien des inquiétudes... (Prenant la main de
pables de ta mort... l'un et l'autre nous n'avons plus rien à espérer de la pitié des hommes... implore du moins pour nous celle de Dieu, qui peut-être ne repoussera pas les deux parricides. GEORGES et SUZANNE , ensemble.
Grâce, grâce, ma mère !
(Tous deux se relèvent , et les gardes s'approchent d'eux.) GEORGES , se tournant vers le Magistrat. Et maintenant, Monsieur, que votre arrêt soit accompli tout entier... que la rage de nos ennemis soit assouvie. Nous sommes prêts.
SUZANNE, lui prenant la main avec énergie. Viens, Georges, et la main dans la tienne, je braverai toute l'horreur du supplice; j'ai pu faiblir un instant , mais on ne me verra pas trembler à l'aspect de la mort.
TOUS deux , ensemble.
Marchons! marchons! (Suzanne fait quelques pas, puis elle s'arrête tout-â-coup, pousse un cri de douleur, et toute sa figure exprime la plus violente souffrance.) Ah! mon enfant! mon enfant! il existe ! il existe ! et ils vont le tuer avec nous ! GEORGES , au Magistrat.
Non, non, c'est impossible... n'est-ie pas, Monsieur, c'est impossible... car lui, du moins, lui , vous ne prétendrez pas qu'il soit coupable, peut-être... votre justice impitoyable a refusé des défenseurs à ceux qu'on accuse d'un parricide... mais leur enfant! leur enfant ! on aura le droit de le défendre, n'est-ce pas? et tous les avocats qui se sont détournés de nous avec horreur , se lèveront à la fois pour vous crier que lui, du moins, lui, ne doit pas mourir... Eh bien! vous hésitez encore à nous répondre !
(violent tumulte au fond à l'extérieur. Olivier parvient à se frayer un passage au milieu des soldats, et arrive auprès de Georges et de Suïaune.)
(Suzanne. Qrace pour tes deux enfans qui ont été «^ çnfani.