‹ ThéâtreChapitre 67 sur 971 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

M. DE CHIVRI, MARTIAL.

M. DE CHIVRI.

Tu veux me quitter, mon filsî... tu veux me quitter... Mais tu ne sais pas tout, toi!... Nous n'avons pas encore parlé de Diane.

MARTIAL

Je sais tout, mon père.

M. DE CHITRI.

Toi, Martial !... Qui te l'a dit î

MARTIAL

Elle.

M. DE CHIVRI.

Elle?... Elle a eu cet infâme courage !

Elle a eu en moi cette confiance.

M. DE CHIVRI.

Cette confiance, dis-tu?

DIANE DE CHiVlil.

MARTIAL

Oui ; clic m'a dit cet entretien solennel avec notre mère... où votre douleur a refusé d'entendre sa justification... Elle m'a dit comment vous l'aviez repoussée, et pourquoi vous étiez partis.

M. DE CHIVRI.

F.t alors, tu es venu pour la venger... Oubliant .'(■lie était coupable, tu es venu te joindre à ton , (>, à tes frères !

MARTIAL

Oui ; mais je ne suis pas venu seul.

M. DB CHIVRI.

Quoi !... Diane!...

MARTIAL

Elle est ici.

M. DE CHIVRI.

Ici!... elle ici!... Mais que veut-elle, la malheureuse?... Veut-elle que je la maudisse... elle qui m'a déshonoré?

MARTIAL, avec force.

C'est que c'est vous qui ne savez pas tout, mon père.

M. DE CHIVRI.

Je sais qu'elle a perdu l'honneur de son nom.

MARTIAL

Vous ne savez pas que la violence le lui a arraché.

M. DE CHIVRI.

La violence ?

MARTIAL

Oui, mon père, oui ; croyez à la parole de votre lils, qui vous l'atteste devant Dieu!... Diane est innocente.

M. DE CHIVRI.

La violence !... Oh ! tu ne mens pas?

MARTIAL

Mon père , oubliez-vous que notre mère a voulu la défendre ?

M. DE CUIVRI.

Oui, et j'ai refusé de l'écouter... et la malheureuse Diane...

MARTIAL

Plus malheureuse que vous ne pensez ; car elle n'a pas souffert toutes ses douleurs... elle ne sait pas encore que son noble sacrifice a été inutile.

M. DE CHIVRI.

Que dis-tu? elle ne sait rien; et elle t'attend peut-être I

MARTIAL

Oui, mon père.

H. DE CHIVRI,

Elle t'attend!... et elle croit peut-«tre que tu l'abandonnes aussi... Va donc, Martini, va! (Warlial va pour sortir.) Martial, ne lui dis pas que ses frères sont morts ; tu la tuerais!

AIARTIAL.

Fasse le ciel qu'un hasard fatal ne le lui ait

pas appris ; car je vous l'ai dit, elle voulait mourir déjà.

M. DE CHTVRI.

Et tu es encore là!... Va, cours, dis-lui que je veux qu'elle vive ; dis-lui que je lui pardonne... qu'il faut qu'elle m'aide à la venger.

MARTIAL

Ah 1 merci pour elle, mon père ; j'y cours. LE DOMESTIQUE, entrant, bas à Martial.

Monsieur... mademoiselle votre sœur qu'on vient de ramener.

MARTIAL

Ma sœur !... enfin !... Qu'elle entre.

Le domestique sort.

M. DE CHIVRI.

Diane!... elle!... Oh! non, non... je ne veux pas la voir.

Vous lui avez pardonné.

M. DE CHIVRI.

Ah ! plus tard... plus tard ; mais pas maintenant.

Il tombe accable sur un fauteuil. Dianeparait dans le fond.

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