SCENE PREFERE
LE PRÉSIDENT, LÉONARD, LE PROCU- REUR DU ROI, LES JUGES, LES JURÉS, UN HUISSIER.
r.E PRÉSIDENT.
Messieurs, nous venons d'entendre les dépositions de messieurs de Lascy et de Vigneul ; mais nous voudrions savoir quelles conséquences l'accusé prétend en tirer, car ces dépositions sont entièrement étrangères à l'affaire qui nous occupe.
LÉONARD
Elles prouvent que j'ai été insulté chez moi, par messieurs de Chivri, sans provocation de ma part, sans explication de la leur ; elles prouvent que j'ai été forcé d'accepter un combat dont j'ignorais le motif.
LE PRESIDENT
Vous prétendez que vous l'ignoriez ?
LÉONARD
J'espère le prouver ; car dans ce malheureux duel, messieurs, c'est mol qui demandais une réparation, je ne la donnais pas.
LE PRÉSIDENT
Vous aurez à justifier cette prétention ; et maintenant, écoutez-moi : on va appeler les témoins qui doivent déposer contre vous ; avant cette solennelle épreuve, je dois vous demander encore si vous persistez dans votre refus de répondre aux questions que je vous ai adressées ?
LÉONARD
J'y persiste.
LE PRÉSIDENT
Durant l'instruction de cette affaire, tous avec
DIANE DE CHIVRI
toujours refusé toute expliration, en disant que vous Yous justifieriez devant vos juges; vous êtes en leur présence, il est temps de parler.
LÉONARD
Pas encore, monsieur le président.
LE PRÉSIDEXT.
Songez que ce silence obstiné peut être facilement interprété contre vous,
LÉOXARD.
Je le sais.
LE PROCUREUR DU ROI, avec douceur.
N'oubliez pas non plus qu'il peut nous autoriser à demander le renvoi de cette cause à une autre session.
LÉONARD
Cela ne serait pas juste, monsieur; j'attends que toutes les accusations soient portées contre moi pour y répondre ; et peut-être, après l'audition des témoins et les explications que je m'engage à donner, trouverez-vous que ma conduite a été ce qu'elle devait être.
LE PRÉSIDENT
Il suffit! qu'on appelle M. de Chivri.
TJn huissier sort.
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Les Mêmes, M. DE CHIVRI.
LE PRÉSIDENT, à M. de Chivri, qui entre. Votre nom ?
M. DE CHIVRI.
Georges Bernard, comte de Chivri, pair de France.
LE PRÉSIDENT
Vous jurez de dire toute la vérité?
M. DE cnivRi.
Je le jure.
LE PRÉSIDENT
Reconnaissez-vous l'accusé ?
M. DE CHIVRI.
Oui, je le reconnais.
LE PRÉSIDENT
A quelle époque l'avez-vous vu?
H. DE CHIVBI.
Le jour où mes deui fils allèrent lui demander compte de l'honneur de notre nom.
LE PRÉSIDENT
En quel endroit l'avcz-vous vu?
M. DE cnivRi.
Sur le lieu du combat dans lequel mes deux fils venaient de succomber.
LE PRÉSIDENT
Vous ne r«viez jamais vu avant celle époque ?
M. DB CHTVRI.
Jamais '.