‹ ThéâtreChapitre 726 sur 971 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

Mme DE GARRAN, MONTGERON.

M™e DE GARKAN, Sortant vivement de sa chambre. Ah! monsieur le comte, Séraphine...

MONTGERON, avec Une douleur hypocrite.

Dieu l'a reprise, madame.

M°>« DE GARRAN

Ah!

Elle se laisse aller dans un fauteuil placé près du petit meuble.

MONTGERON

Cette nuit madame de Montgeron a rendu le dernier soupir ; et je reste seul, madame, entre une tombe et un berceau!

M™* DE GARRAN, avec des larmes.

Morte! si jeune! si belle!

MONTGERON

Quelque pénible que fût la mission de vous annoncer l'affreuse perte que nous avons faite, je n'ai pas voulu la confier à un autre... Je savais combien vous aimiez Séraphine, combien elle vous aimait... vous lui rappeliez un passé qu'elle regrettait... (avec intention vous étiez enfin la dépositaire de ses dernières volontés.

M"« DE GARRAN

Que voulez-vous dire, monsieur?

MONTGERON

Pendant sa courte et cruelle maladie, îa com-

MADEMOISELLE DE LA FAILLIE

tesse avait caché sous son chevet un papier scellé; ce papier lui était bien précieux, puisqu'elle craignait a ce point de s'en dessaisir. Quand la mort eut frappé madame de Montgeron, je dus rechercher ce papier, il avait disparu... Il ne pouvait avoir été confié qu'à vous, madame.

M™« DE GARRAX.

En effet, monsieur... mais vous n'exigerez pas...

MONTGKROX.

Permettez-moi d'insister. Malgré le respect que je dois à la mémoire de madame de Montgeron, les intérêts à venir de notre fille exigent impérieusement que je prenne connaissance du contenu de cet écrit.

M™« DE GARRAiV.

llélas, monsieur! cet écrit était destiné à rester intact entre mes mains, car il est adressé a une personne que je pleure depuis cinq ans, et dont je n'ose plus espérer le retour.

MONTGERON, at'e<! intention.

A monsieur Georges de Garran sans doute. A présent, je comprends votre hésitation, madame. La réputation de la comtesse aurait peut-être à souffrir quelque atteinte si le cachet qui scelle ce l)apier était brisé.

M"^* pE garran , ouvrant vivement un tiroir

du petit meuble et cherchant avec agitation

au milieu de divers papiers, lui donne la lettre,

et avec dignité.

Brisez-!e, monsieur... Vous le pouvez, car cette lettre je la connais... Séraphine fut autrefois la fiancée de mon fils... elle l'aimait... vous le saviez... avant de vous suivre à l'autel elle vous l'avait dit... [Elle a trouvé le papitr, elle se lève et le présente à Montfjeron.) Et ce papier ne contient que de touchants adieux, avec le regret de mourir loin de lui!... peut-être de l'amour qu'on l'avait forcée de renfermer dans son cœur!... mo.ngeko\ , à part.

Heureux hasard:...

M™« DE garran.

Lisez donc, monsieur, c'est moi maintenant qui vous en prie...

Elle prciente le papier qui est sous une enveloppe caclielée en noir.

MONTGERON

Non, madame, et je me reprocherais d'insister a présent; ce que vous venez de me dire coiilirnu*, hélas! ce que j'avais soupçonné, qu'un amour malheureux a seul causé la mort de madame la (umtcsse de Montgeron... Gardez c<;ltc lettre madame, gardez-la '....

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