‹ ThéâtreChapitre 731 sur 971 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

M'"'^ DE GARRAN, MARIANNE, puis GEORGES.

n.\\\].\ysE, accourant du font, et pouvant à peine parler.

Madame... chère madame!...

M"'<^ nE GARUAN.

Qu'as-tu donc?...

MAnlANNB.

Ayez du la force... du calme... une grande joie peut tuer, dit-on, comme une grande douleur...

M"" DE GARRAN, SUrpvise.

Une grande joie!... (Puis freipfce d'une pensde et regardant Murianne.) I\Iarianne ..

MAHIAN.NK.

Ma bonne maîtresse.

»!•"<= nii GARUAN.

Georges., mon fils?...

MARIAN.NE

il eiisle!...

MADEMOISELLE PE LA FAILLE

M™^ DE GARRAN

Tu l'as vu?...

MARIANNE , remontant.

Le voilà!...

M™* DE GARRAN , suivont Marianne.

Mon Georges !...

GEORGES . se débarrassant de son chapeau et de son manteau, qu'il jette à sa droite et qus Marianne ramasse.

i\Ia mère!...

M'"^ DE GARRAN' l'embrassant , le regardant, puis l'embrassant encore.

C'est lui!... c'est bien lui!...

L'émotion lui fait perdre ses forci-s, elle tombe dans le fauteuil qui est à sa gauche. Georges se met à genoux devant elle.

GEORGES

Ma mèrel... ma bonne mère!...

M"e HE GARKAN.

Mon Dieu , merci... Tu me le rends, merci, mon Dieu 1 .. oh! lu le vois bien, Marianne, on ne meurt pas de joie.

GEORGES

Ma mère, je vous revois! ah! que je suisheu^ reuxl...

M™* DE GARRAN

Laisse-moi te regarder encore!. ..t'embrasser!... je t'ai tant pleuré!... mon Georges!...

Ah ! j'avais de>iné vos angoisses. ..mais il m'avait été impossible de vous faire parvenir de mes nouvelles. Prisonnier des Angl.iis, déporté dans la partie la plus éloignée de leurs possessions, je désespérais de l'avenir... lorsqu'il y a quelques mois, on vint me çlire : a Vous êtes libre!- •• un vais>eau qui retourne en France n'attend que vous pour mettre à la voile !... » Libre !... moi 1... avec quels transports, quelle ivres.'îe, j'embrassai notre pavillon!... Pauvre exilé . je retrouvais en lui... tout ce que j'aimais... mon pays, ma mère et Séra|ihine! ..

A ces mot^, Marianne détourne les yru\ pour cacher ses

larmes, et M™* di' Garran a tressailli. .Après un moment,

elle fait signe à Murianno de ■sortir.

MARIANNE, en s'en allant.

Pauvre jeune homme!... il l'aimiii toujours!... Elle !^orl par l'inigle à gauchç.

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