‹ ThéâtreChapitre 733 sur 971 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

MARTIAL, DESALLEUX, puis DOMINIQUE.

On aperçoit une foule de Paysans à genoux dans la chapelle ; d'autres en dehors. Martial et Desalleux , chapeaux bas, sont du nombre *.

MARTIAL

Ma pauvre sœur Séraphine... je ne la verrai donc plus... elle si bonne, si jeune!... Ah ! je ne pourrai jamais entrer là-dedans! j'attendrai ici que la triste cérémonie soil terminée et que mon père quitte la chapelle.

DESALLEUX

Vous n'attendrez pas longtemps... Tenez, monsieur Dominique vous aura aperçu, car le voilà qui sort avant les autres.

i)0.vii.viOUE, sortant de la chapelle et embrassant Martial ".

Martial! mon i)auvre Slartiall (av«c des sanglots) je n'ai plus que toi à aimer!

11 pleure.

MARTIAL

Allons, du courage, papa... Je ne croyais pas que j'aurais jamais besoin de vous dire ça.

nOMLMOUE.

Du courage! oh! j'en aurai. Dieu m'en donnera, car ma tâche n'est pas Unie, Dominique a besoin de vivre encore. Dis-moi, tu n'as pas rencontré sur la route Jérôme, le vieux garde, qui était allé à Poitiers chercher un médecin?

MARTIAL

Non, papa. Mais à quoi bon un médecin maintenant? est-ce que monsieur de Muntgeron...

DOMINIQUE

Ne me parle pas de cet homme, de ce misérable qui a vu mourir ma Séraphine et qui n'a pas répandu une larme!... (juand nous étions tous désespérés de la violence du mal, lui seul était calme... il se refusait presque à ce qu'on appelât un médecin!... (Avec intention.) Kl il avait peut- (Ire SCS raisons...

• Paysans à genoux, Martial, Desallcux, debout. " Dominique, Martial, Desalleux.

MARTIAL, épouvanté.

Qu'est-ce que vous dites là?

DOMIMOUK.

Hier aussi il n'a pas voulu qu'on allât cherclier cette bonne madame de Garran que Séraphine appelait dans son délire... II n'y a que lo vieux Dominique qu'il n'a pas osé éloigner; l'e^t qu'il sait bien qu'il n'aurait pas fallu le tenter! ventresaint gris ! je l'aurais...

DESALLEUX *

Prenez garde, monsieur Dominique!

MARTIAL

Contenez-vous doue, papa.

DOMINIQUE

Eh! mordieu! je ne me contiens que trop!... (Avec rage.) Quand je pense que ce Monlgeron, que cet homme sans âme a fait descendre ma Séraphine toute chaude cncori'dans ce caveau, qu'il a défendu toute pompe ! que contre tous les usages, et sous prétexte d'un voyaire pressé, ce soir même il veut faire sceller le marbre qui nous séparera d'elle pour toujours!

DESALLEUX

C'est sans doute pour celte belle besogne qu'il m'a fait appeler.

DOMIMQUK.

Tu refuseras, n'est-ce i)as? tu refuseras?

DESALLEUX

Ne vous em|)ortez pas, monsieur Dominique, tout le monde ici a I habitude de vous obéir... Dites-moi de m'en aller, moi et mes outils, et je pars.

DOMINIQUE

Bien... Retourne chez toi, et si le comte te fait encore appeler, ne reviens plus.

DBSALLBUX.

Soyez tranquille.

DOMINIQUE

Toi, Martial, va te niciirc en sentinelle à la grande grille, et sitôt que lu apcr(e\ras JéitJiue et le docteur, vient mavertir. Les Paysan* agenouilli's se lèvent.) On sort de la chapelle, allez.

* Uarlial, Domiuiquc, Dcsalleuz.

MAGASIN THEATRAL

MARTIAL

OÙ VOUS retrouverai-je?

DOMINIQUE

Ici... toujours! près d'elle.

Martial et Desalleux sortent. Au même moment, une foule de Paysans sort de la chapelle; ensuite on voit Montgeron rnonter de l'intérieur du caveau, il est précédé d'un Chapelain et suivi de Domestiques portant des flambeaux allumés. Les Paysans sont rangés et forment cercle.

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SCÈJSE II.

DOMINIQUE , MONTGERON Paysans.

LE Chapelain ,

MONTGERON

Monsieur le pasteur, je vous remercie de votre complaisance. J'éprouve une extrême douleur de n'avoir pu rendre à la mémoire de madame de Montgeron tous les honneurs qui étalent dus à son rang... Mais il me faut quitter ce château ce soir même... un ordre de la reine-mère r.ie rappelle à Paris... a Paris, où ce malin déjà j'ai envoyé ma fille. Vous me plaindrez d'avoir été contraint de (resser cette triste cérémonie... (Haut, aux Domestiques. Éclairez monsieur le chapelain. Deux Domestiques sortent par le fond, et éclairent le Chapelain, qui sort suivi d'un groupe île Paysans. Un second groupe se dirige derrière la chapelle. Un troisième rentre au château psr le troisième plan à droite. Montgeron, qui a suivi ces divers mouvemements, revient à Dominique.

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