SCENE PREMIERE
Au lever du rideau, Contran, assis près de la table à droite, lit des papiers publics.
GONTRAN, scu/, retournani la feuille du journal qu'il lisait.
Voyons quelles sont les réflexions qui sui-
NoTA La gauche ou la droite est toujours celle de 1 acteiir-
vent riiihtoirt'du inaréclial. ;/,(*«/</.;•■ Maiii- » tenant (jue nous avons prouvé par le récit >> de sa vie (jue le maréchal Siint-André h » toujours été un mcKièle de bravoure et .» d'honneur , nous devons ajouter qae ses » défauts devaient engendrer ses vertus. On 1 lui a reproché souvent de fougueux em- » |)ortenienLs qui l'ont conduit dans sa jeu-
MAGASIN THÉÂTRAL
» nesse à de funestes extrémités. Mais aussi » cette fougue impétueuse l'avait fait sur- » nommer l'Ouragan , par les ennemis qui » craignaient sa rencontre. » [Parlant.) Ouï, c'est bien ainsi qu'on le nommait dans nos combats de la ligue. {Lisant. ) « Tous ceux » qui connaissent sa vie intime affirment qu'il .) est aussi prompt à se repentir qu'à se met- » tre en colère. Le prêtre Vincent de Paul le .. cite comme un des zélés protecteurs des » enfant^ qu'il soulage , et ses amis l'appel- » lent, à l'exemple du brave Coudé, fête de » Feu, mais cœur d'or... » {Parlant.) Oui, tout cela est bien vrai, et ceux qui l'ont écrit ne font que justice au maréchal Saint-André ; mais ces vérités doivent précisément faire trembler celui qui va bientôt voir naître, grandir et s'exalter sa colère. {Se levant. ) Oh ! quand celui-là est son plus dévoué serviteur, il doit se résigner à affronter l'orage... lui qui sait mieux que tous que dès le lendemain le
calme peut se rétablir Cependant cette
fois... Oh! maréchal Saint-André, tout fier de ta victoire , tu ne soupçonnes pas qu'en
arrivant ici tu vas apprendre ta défaite
Sang Dieu ! il nous faudra plus que du courage. [Apercevant Marthe qui entre par la gauche.) Vous voici, ma sœur.
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