‹ ThéâtreChapitre 775 sur 971 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

Au lever du rideau, le^Marécbal tenant une lettre à la main, entre lentement sur les dernières mesures de l'orchestre et s'arrête vers le milieu de la scène.

LE MARÉCHAL, avec réflexion et douleur.

0 terreur !.... espoir, remords, soupçon mortel !,.. pourquoi vous disputez-vous sans

cesse mon âme? destin qui me i)ravcs et

que je dois maudire, toi qui me cachais sous le bonheur tes pièges perfides, pourquoi me secourais-tu dans les batailles ? Tandis qu'au bruit des combats je gagnais la renommée, dans ma maison , que je croyais à l'abri de tout orage, tu versais comme un poison l'amour dans le cœur de Marie ! .. . . Mais non ! tant de jeunesse et de beauté ne peuvent avoir été tout à coup effacées de ce monde ! et cependant je ne puis pas même la contempler dans son sommeil ; vainement Contran et mes pages ont cherché Marie morte...

Rien... rien que cette lettre qui détruit

jusqu'à l'ombre de l'espoir. [Il lit.) «Soutien » de ma jeunesse , ami de mon enfance , » écoutez sans maudire l'aveu que Marie » n'ose vous faire que le pied dans la tom-

» be In amour invincible est entré dans

» son âme cl la consume. .. Malgré les plt-urs » et les prières , elle meurt parce qu'elle se » sent indigne du plus noble des hommes... » Cet amour devait outrager son bienfaiteur, » sa mort seule pouvait détruire cl l'amour » et l'offense : n'accusez pas Marie, vous ne » serez pas offensé... A l'heure où vous lisez » ces lignes, elle a cessé de vivre... » {Parlant.) Ce triste aveu, Marie , me laisse encore une espérance... mais sanglante et terrible ! ' [Apercevant (ionlran, (jui vient

d'entrer par le fond.) VÀi bien , Contran?...

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