‹ ThéâtreChapitre 847 sur 971 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MONTORGUEIL, l'AlL, DIGONARD.

MONTORGUEIL. llh bien ! tout marche à merveille.

MAGASIN THEATRAL

Dic.ONARD. Vous vovez quG ce mariage est positif.

PAUL. Je vois que vous ne m'aviez pas tout dit. Oui, ce mariage est réel... oui, c'est mon père lui-même qui l'avait projeté... mais pour un autre...

MONTORGUEIL. Eh bien! qu'importe, qu'il s'agisse de ton frère ou de toi , de Charles ou de Paul?... ce qu'il demande, c'est un Didier. . .

DiGONARD. Et nous lui foumissous un Didier au grand complet.

PAUL. Oui ; mais le laisser dans cette erreur, c'est m'associer à une supercherie coupable, c'est enfin dépouiller mon frère...

MONTORGUEIL. Grands mots que tout cela!

ton frère est aux Indes... Riche comme il l'est devenu , qui sait s'il pense à ce mariage ? qui sait même s'il reviendra jamais î D'ailleurs , il est trop tard pour regarder en arrière , il ne s'agit plus maintenant que de prendre nos arrangements.

PAUL. Nos arrangements?

DIGONARD. Oui , de fixer l'intérêt de mes avances.

PAUL, avec dédain. C'est juste!... Eh bien, quelles sont vos conditions?

MONTORGUEIL. Les voilà... A toi la dot et la fortune à venir... mais à nous cette reconnaissance que tu vas signer.

Il lui donne un papier.

PAUL, après avoir lu. Une obligation de 200,000 francs !

DIGONARD. Que vous payerez quand vous aurez touché la dot.

PAUL. Y songez-vous?..,

MONTORGUEIL. Bah ! c'est à peine le quart de ce que tu dois posséder un jour.. . et tu hésites!... Ah ça, oubUes-tu donc que cette .ortune, tu ne l'auras que par nous?... Pen- -îes-tu que ce projet que nous avons conçu j'ait été à ton profit seulement?

DIGONARD. Nous n'avous pas arrangé cet hymen dans le seul intérêt de votre postérité , mon cher,

MONTORGUEIL. Nous te rendons un service d'ami , il est bien juste que tu le payes.

DIGONARD. Tous les scrvices ne se rendent que comme ça. . .

PAUL. Mais cependant , si ce mariage ne se concluait pas...

MONTORGUEIL, Le beau malheur , quand nous aurions ta signature ! Hier, sous l'arche du Pont-Marie, tu l'aurais donnée pour 10 francs!,., demain, si tu refuses, tu la donnerais encore pour ce prix-là. Allons, décide-toi; veux-tu tout rompre et reprendre ta vie de misère?...

PAUL. Jamais!... oh! jamais!

.MONTORGUEIL, Alors , signe !

DIGONARD. Signez !

PAUL. Donnez donc , donnez, puisqu'U le faut.

Il va à une table et signe.

MONTORGUEIL. Il est à nous...

DIGONARD, Nous le tenons !. ..

MONTORGUEIL. Eh bien !

PAUL , leur tendant lepapier. Prenez !

Montorgueil va pour prendre le papier, lorsque Didier, qui est entré sur les derniers mots, se place entre eux et s'empare de l'écrit.

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