‹ ThéâtreChapitre 855 sur 971 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les l^lÊMES, MONTORGUEIL.

MONTOHGiElL, vHtrf sur ks derniers mots, s'est placé derrière /iaynolet et lui touche l'épaule; 6cw. ) Tais-toi !

MAGASIN TlltA IRAL,

isA-tiNOLLi , effrayé. Heiu? {Se détournant.) Montorgueil !... Ah ! je suis perdu !

ARTHÈMISE , à part. Tiens, quel est ce monsieur ? Il est très-bien.

MONTORGUEIL, légèrement. Ah! ah!... ce cher Baguolet !... Tu ne t'attendais pas à me voir !... J'ai voulu te faire une surprise, et je viens sans façon m'inviter à ta noce.

BAGNOLET. Ah! mon Dieu! c'est fait de moi.

ARTHÈMISE. Eh bien , Bagnolet , vous ne remerciez pas monsieur?... Ah! s'il n'avait que de pareilles connaissances.. .

BAGNOLET, o part. Oui, elle est jolie, la connaissance.

MONTORGUEIL. Oui, mon cher, quand j'ai su que tu étais ici, j'ai tout quitté... Je voulais être le premier à embrasser ia mariée.

BAGNOLET, à part. Embrasser la mariée !

ARTHÈMISE, minaudant. Comment donc, monsieur, c'est bien aimable à vous... Donnez-vous donc la peine de vous asseoir.

MONTORGUEIL. Merci ! merci ! je serais désolé de déranger personne. Seulement, je vous demanderai la permission de porter un toast de circonstance. (5e versant.) Allons, à la santé du marié !

TOUS. A la santé du marié !

BAGNOLET. Ah! oui , à ma santé!... ah!

oui, c'est de circonstance !... Je suis bien mal à mon aise!

Il tombe sur une chaise.

ARTHÈMISE . Ah ! ciel ! comme il est pâle ! Il se trouve mal !

Tout le monde se lève ; on retire la table, et on se presse autour de Baguolet. Pendant ce mouvement, Montorgueil s'approche de Louise.

MONTORGUEIL , à Louise. Madame , dans un quart d'heure, ici, j'ai à vous parler !

LOUISE, étonnée. A moi, monsieur?...

Mais je ne sais si je dois...

MONTORGUEIL. C'est de la part de Paul Didier.

LOUISE. De Paul!... Oh! je viendrai, je viendrai, monsieur !

MONTORGUEIL. De la discrétion : il faut que tout le monde ignore...

LOUISE. Comment?

MONTORGUEIL. Silence ! (5e rapprochant du groupe. ) Eh bien ! ce pauvre Bagnolet , comment va-t-il?... Mieux, n'est-ce pas?

ARTHÈMISE. Oui, oui... ce ne sera rien, j'espère !

MONTORGUEIL. Justement, pour le jour de son mariage, j'ai une bonne alfaire à lui proposer, et quand nous serons seuls. . .

BAGNOLET, à part, avec effroi. Seuls!...

ARTHÈMISE. Alors , causez à votre aise; nous allons prendre le café dans le grand salon, et nous vous laissons ensemble.

BAGNOLET. Comment! mais...

MONTORGUEIL, lui prenant le hras. Si tu dis un mot, tu es mort.

BAGNOLET, à part. Mort ! je le suis déjà. {Haut.) Eh bien! oui, laissez-nous.

ARTHÈMISE. Allons, partons, vous autres... V^otre servante, monsieur... Décidément, il est très -bien! Partons! partons!

On sort en reprenant le refrain de la chanson .

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