SCENE II
LOUISE, sortant par la grille de droite j puis ARTHÉMISE.
LOUISE. Arthémise n'arrive pas... je suis d'une inquiétude... Depuis que mon pauvre père blessé a été recueilli dans cette maison, je n'ai pu le quitter un instant, et je suis sans nouvelles de Paul et de son frère. Arthémise et son mari auraient seuls pu s'informer d'eux... Je leur ai écrit de venir ; et ils devraient être arrivés... peut-être dan s mon trouble ai-je mal expliqué où se trouve située cette maison. Mais je ne me trompe pas... on vient de ce côté... c'est elle... c'est Arthémise !
ARTHÉMISE, entrant. Moi-même pour vous servir !
LOUISE. Vous êtes seule ?
ARTHÉMISE. Trop sculc, hélas! j'ai perda mon mari.
LOUISE. Perdu!
ARTHÉMISE. Je m'étais d'abord flattée qu'il n'était qu'égaré , mais pas du tout , malgré toutes nos recherches, impossible de remettre la main dessus... Oui, ma chère, oui, perdu!... un mari d'hier, un mari toutneuf ! (pleurant) un mari que je croyais mener comme j'aurais voulu, et qui reste vingtquatre heures sans rentrer , et qui s'avise de me laisser veuve. . . juste le lendemain des noces. Ah ! si c'est comme ça que je goûte les douceurs de l'hyménée. .. j'aurais bien mieux fait de coiffer sainte Catherine.
LOUISE. Allons , tranquiUisez-vous , il reviendra... Mais , dites-moi , n'avez-vous rien appris?
ARTHÉMISE. Dcs deux frèrcs Didier.... Pas grand'chose, si ce n'est que ce matin Mo Paul est parti en voiture , avec un beau
LES B0HÉM1EF3 DE PARIS
monsieur , ce qui m'a fait supposer que c'était son frère.
LOUISE. Non , car depuis trois jours Charles n'est pas rentré chez lui , et personne ne l'a revu.
ARTHÉMISE. Ah ! bah ! lui aussi? mais il y a donc un sort pour la perte des hommes !
LOUISE. Silence ! voici mon père ; ne l'affligeons pas... qu'il ignore du moins combien je suis malheureuse !
ARTHÉMISE. Ce pauvrc monsieur l'Abruti, qu'est-ce qu'aurait jamais cru que c'était lui qui était...
LOUISE. Chut!
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