‹ ThéâtreChapitre 925 sur 971 · SCÈNE XI · texte numérisé non relu

SCÈNE XI

Les MÊMES, CATHERINE.

CATHERI^E, s' approchant entre eux deux.

Dieu veut, mon roi, (jue vous soyez sauvé!

JACQUES. Catherine!

R0REI5T, à part. Elle écoutait !...

CATiii.iU.NE. Toula l'heure, niiiu prince, NOUS >ous èles adressé au cxeur de l'éixnise, (-(eur noyé dans un abandon tpii a tué sa pensée intime , ciw il ne bat (pie des battements d'un autre. Mais depuis , \(ius a\ez i»iuié au cœur de lu Me, de lu iilic qui u loulc

[rfffi

MAGASirTTHEATRAL.

sa force ot son filial amour, vous avez ro]ioussé de terribles conseils, vous vous êtes condannié pour épaisner la femme de votre fils, vous' m'avez ai)pelé votre lillc, et je veux mériter ce nom, moi, ((uc le roi Jacques IH vientde faire de sa royale famille; ei j(; aous sauverai, mon père!

JACQUES. Me sauver !

CM'HERINE. J'annulerai mon mariage!

JACQUES. Toi , Catherine !

CATHERINE. Quand les pères se résignent à mourir pour détourner le poignard f[ui menace les enfants... les enfants doivent au moins jiarer le coup qui mettrait dans le tombeau les pères qui les ont sauvés... Pour détruire mon mariage, j'irai sans retard abjurer ma religion. Baptisée par les pères d'Irlande, mon union avec Henry sera nulle ])ar la force des lois, car je serai devenue catholique !

JACQUES. Tu feras cela?

CATHERUNE. Non pas demain, mais à cette heure. . . et je vais i)artir. . . Vous direz à Henry la cause de mon départ et de mon dévouement. . . Vous songerez à ma fille. . . à ma fille, dont je vais m'éloigner !. . .

JACQUES. Ta fille sera la joie de ma vieillesse ! et nous lui apprendrons comment Dieu a donné à sa mère le pouvoir de dm)oser d'un trône ! * ,

CATHERINE. Et VOUS apprendrez aussi à votre fils, que je ne dois ])lus revoir, un secret ([UQ, depuis sept ans, je n'ai jamais voulu lui confier, car je craignais qu'il se perdît en cherchant à venger sa mère, près de laquelle j')é|tais seule cpiand elle expira.

'"^ÎAcnuES. Toi, Catherine!... et que t'a-teîle (Ut>

CATHERINE. Quc cclui qui venait de la frapper était un simple capitaine écossais, qu'une trahison venait d'anoblir et d'enrichir.

R015ERT , à part , avec épouvante. Que dil-eUe?

CATHERtN£. Et VOUS pourrez le trouver, sire ?

JACQUES. Oui, Catherine. De tous mes capitaines d'alors... celui-là seul peut avoir maintenant un titre de noblesse... Oui, depuis sept ans, il n'y a i)as eu de guerre... aucun combat n'a pu anoblir un capitaine écossais... celui qui est noble aujourd'hui ne l)eut l'être que ])ar le crime !... son titre me livrera l'infàmc!... Quoi!... mon trône... ma A engeance en un jour!... Seigneur, mon Dieu ! vous m'avez fait oublier déjà mes sept années de captivité !. . .

CATHERINE. Mainteiîant, le jour s'achève ; il faut (lue je me hâte de partir avant de revoir Henri ou mon frère... il ne faut pas que j'aie le temps de songer à ma fille... mou Henriette !... le courage pourrait m'abaudon-

ner, et je ne veux pas que le courage m'abandonne... Adieu!

JACQUES. Je veux t'accompagner, Catherine, et te dire quelques mots encore. Tiens! {A Bohcrt.) Vous voyez, capitaine, que j'ai bien fait d'épargner cette feunne et de mettre en Dieu ma confiance. Attendez-moi, je vais revenir, et nous nous rendrons h Edimlîourg, où maintenant je dois trouver ma couronne et ma vengeance, et vous m'aiderez à chercher l'assassin, que je frapperai du châtiment des traîtres!... Viens, ma fille!

CATHERINE. Venez, mon père!

Us sortent par le fond.

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