JACQUES, ROBERT
ROBERT, qui a (juitté la fenêtre et qui vient d'entrer en scène, s'approdiant du Roi. Eh bien, sire... qn'avez-vous rés<jlu?
JACQUES. Celte fenune résiste.
ROBERT. Je ïésiiis; j'étais là, je l'ai ciileudu...
JACQUES. Alors... lu sais (oui mon malheuj-.
ROBERT. Oui, c'est malhemeux d'en Ncnir à de telles cMrémités; les prières, les .supplications ont été vaines... Il faul donc a\oir uiaiiitcnaul la force d'employer k vwicua'.
JACQUES. Que veux-tu dire?
ROBERT. .Je veux dire que le veuvage de votre fils pourra seul nous sauver.
JACQUES. Le veuvage!.,, tu me conseillerais donc de faire mer cette femme?
ROBERT. Sire, Wallace et Robert Rrucc, vos'ancêtres de glorieuse mémoire, habiles à sauver le pays et à briser les obstacles, n'ont pu conser\èr le trône et la puissance qu'en sacrifiant quelques-uns de leurs sujets pour le salut des autres. Vous avez été plus lent et plus généreux que les rois vos ancêtres, mais vous devez être autant qu'eux, mon prince, habile et fort. Je sens combien il est douloureux pour moi de vous donner ce terrible conseil, mais je dois en avoir le courage, et je le fais, «luoi qu'il m'en coûte.
JACQUES. Jiruce et "NA allace usaient de sanglantes ressources dans une époque sanglante, et le meurtre aujourd'hui n'assure i)lus la puissance, {[ci Catherine, qui vient de sortir de la chambre, s'arrête surprise et écoute.) Vous me conseillez de frapper cette femme innocente... mais é|)ouse de mon fils... n'estclle donc pas ma fille?... Quoi!... loi-squc après sept ans d'emj)risonnenieut, je reviens dans mon pays... lorscjueDieu pennetqueje sente sui- mon front l'air pur de ses montagnes, que j'entende ses chansons oubUées, que je ]>uisse saluer les croix de pierre qui bordent ses chemins... vous voulez que j'y rentre tenant le crime d'une main et la couronne de l'autre... jamais!... Le pays souïïrirail des fautes de son maître, qui ne saurait plus le consoler, car un roi bénit mal sou peuple avec des mains ensanglantées!
ROBERT. Que fera donc >olre Majesté?
JACQUES. Je retournerai d'abord me mettre h la disposition du roi d'Angleterre, puisque je ne puis remphr les conditions (jui devaient assurer ma liberté.
ROBERT. El s'il rouvre \otre prisou?
JACQUES. .le subirai mon sort!
ROBERT, lit si la captivité vou.s lue?
JACQUES, avec dévotion. La volonté de Dieu sera faite !
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