‹ ThéâtreChapitre 928 sur 971 · SCENE XIV · texte numérisé non relu

SCENE XIV

ROBKIIT, DICKSON.

DICKSON. Quoi! maître, c'esl vous voulez faire iner ainsi?

KOiîKRT. Oui, |)(»Mr éviter (|u'il puisse nous faire tuer deniairi par le bourreau, car il sait tout. ^

DICKSON. ()ui l'a donc instruit. ..

ROi5KR'r. Catherine, (|ui a entendu les dernières paroles de la dame llamsaj .

DH'.KSON. Catherine!...

ROBt:KT. Oui... Tu m'aideras à la perdre, après la mort du roi... plus fort et plusdangereux qu'elle; si Ralph ne pouvait l'atteindre,

s'il allait échouer, tiens, Dickson, prends ce poignard, et va te joindre à lui.

DICKSON. Non... monseigneur. Ancien scribe du roi Jacques, vous le savez, je suis habile avec ma plume, mais je n'ai jamais su manier une arme.

ROBERT. Mais, malheureux, si je suis pris, tu le seras comme mon ccmiplice.

DICKSON. Raî)])elez-vous bien, maître, que je ne suiscoupable que d'avoir écrit, en contrefaisant l'écriture du roi, une fausse lettre qui vous a permis d'approcher de la daiae Ramsa\ , que vous avez tuée sans mon aide.

ROBERT. ]Mais \\m pend les faussaires.

DICKSON. Je sais que ma plume peut me valoir la corde, mais je ne saurai jamais la mériter avec l'épée.

ROBERT. Et cette écriture du roi que tu as su contrefaire... tu peux l'imiter encore?

DICKSON. Parfaitement. . .

ROr.ERT. As-tu ce qu'il faut pour écrire ?

DICKSON. Toujours; la plume et le parchemin sont mes armes à moi.

ROBERT. A la lueur de la lune, écris donc ce que je vais te dire.

DICKSON, près de la fenêtre, après avoir pris une plume dans son escarcelle. Je suis prêt!...

ROBERT, dictant. « Mon (ils, j'ai eu l'imprudence de confier à la femme Catherine les vœux f(ueje formais pour la rupture de votre mariage. En voulant éveiller sa générosité, je n'ai fait qu'exciter son ambition, car elle m'y a.recoiuui comme l'invincible obstacle... Je meurs tué par des assassins ([u'elle a dirigée contre moi...

Il rogardf rérritiire.

DICKSON. Vous voyez! j'écris d'une main Ireinblanle.

ROBERi'. C'est bien, ajoute : « Venge-moi, toi, mon lils que je n'ai revu (|u'un jour. » Et maintenant sigiu'... (/*re«a»f récrit sifjnr.) C'est 'bien cela: cette écritiu'e contrefaite qui a trompé jadis la maîtresse du roi, trompera facilement son lils et ses anus... El si (lalherine compromise n'a pas recours à la fuite, toute révélation de celtt' fenune, accusée par le roi Jacques, sera facile à combattre...

DiCK.soN. A merveille.

.lACOLES, en dehors. Au secours!... au nu'urtre!...

ROIiEP.T. Ual|ih e.si aux prises avec le roi.

JACoi'Es, d'tine voix 2>lus étou/Jce. Au secours!...

RoiiERT. La voix du roi s'aiïailillr.

LA VOIX DE PATRICK, en dehors. Tenez ferme, et je viens à votre aide.

Ror.EUT. In homme va défendre le roi ! si Ralph succombait

DICKSON. Sa défaite serait la nôtre.

M\GASIN THÉÂTRAL.

^OWTiT, prenantsonpoignard. Allons, Robert, mets ton masque et va secourir ton valet.

II sort précipitamment.

DICKSON. Quant à toi, Dickson.... sache au moins feindre de vouloir accompagner ton seigneur. Mais je n'entends plus de bruit : tu seras utile au moins pour panser les blessés...

Il sort par le fond. Thomas par la gauche paraît soutenant Jacques qui se traîne et tombe assis sur le banc près de la fenêtre. Thomas est armé d'une hache.

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