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SCÈNE VI

CHARLES seul

,Ie vais donc avoir des nouvelles de Henriette! Faites, Seigneur, ([w cet hommcm'apporte bientôt la vie ou l'espérance.

II s'assied sur le premier plan à gauche.

SCFAE VII.

Le Même, ROBERT, DICKSON.

RORERT, examinant le lieu de la scène et recmant avec effroi. Et pourquoi donc me conduis-tu si près de ces asiles de mort?...

DICKSON. Parce que j'ai vu de mes yeux Charles siî diriger (le ce côté, et je voudrais vous en convaincre.

ROBERT. Je t'ai (lit qu'il était venu me siiluer à mon départ d'Edimbourg...

im.KSoy, (le. <n"ndant la scène et cherchant des yeux. Depuis ce temps, il a pu faire le vovage. (Le désignant.) Tenez, inilord.

Robert va lentemoiil à Charles et lui frappe sur l'épaule.

CHARLES, se levant. Mon père!...

RORERT, de!<cendant la scène. Je vous trouve ici, coupable d'avoir quitté le service de sa Majesté |)our l'amour de celle lille. .. (pie je vous avais défendu de re\oir. pour \olre honneur et ma dignité...

CHMU.KS. \lilord !...

RoiiERl". Oui, monsieur, pour voire honneur... je le sais, moi (|ui ai \onlu voir, avant de vous sé()arer d'elle, si celte femme solitaire cachail un cceur |)iir dans sa mystérieuse existence, l'ille vous a dit, n'est-ce pas, (pi'elle devait son o|)ulence ;i un "protecteui" généreux et assidu; elle a joué le rôle inléressaiU de la femme ('•traugement jetée dans la vie... l'ih bien, moi j'ai découverl et l'histoire et l'énigme. Mes espions, Dickson, et moi, avons vu ce protecteur (pii se masque, entrer soin eut chez elle... non pas eu plein jour, mais la iiiiil, mais à l'heure discrète et sombre... l II tuteur généreux (pii veut cpie sa pupille soit il la fois heureuse et honorée, clioisil-i 1,(1 il es-moi, pour s'approcher d'elle l'Iieiire du sommeil ou du plaisir... Ce n'est pas un

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protecteur utile, mais un amant discret qui l'enrichit et la protège.

CHARLES. Milord!

ROBERT. Mais il arrive qu'un amant a quelquefois aussi sa générosité. Il arrive qu'après avoir deshonoré une jeune fille, il lui permet de chercher un épou\ à l'aide du mensonge qu'il protège,, . il arrive que lajeune fille belle et parée se met à son balcon, . , . attend le passage d'un gracieux cavaUer... qui, séduit par son aspect rêveur, s'approche d'elle, écoute le récit mensonger de sa mystérieuse existence et SvC laisse conduire, amoureux et trompé, jusqu'au pied de l'autel, où s'accomplit le mariage. Ce fait se passe maintenant à Edimbourg; nous savons le nom de la jeune fille qui se mit à son balcon; elle se nomme Henriette; vous n'ignorez pas le nom du cavalier c|ui passa sous la fenêtre, et nous saurons bientôt, je l'espère, celui del'ama'itquiti'efface et rit sous son manteau, de sa belle aventure.

CHARLES. Milord, si je devais être ainsi victime, je ne pourrais jamais assez vous rendre grâce. . . mais j 'espère encore. . .

ROBERT. Que je suis dans l'erreur?. . , Je ne me révolte pas contre votre incrédulité, mais je me réserve le droit de vous convaincre et de vous consoler. Retournez donc à l'instant au palais d'Edimbourg; tel est mon désir, tel est mou ordre , que je vous transmets sans colère.

CHARLES. Je partirai, milord.

ROBERT. Allez... et n'oubliez pas que votre père vous prépare un mariage digne de vous et de lui. [Â Dickson en lui tendant la main droite.) Ote-moi ce gantelet, Dickson. {Dickson lui ote le gantelet.) Allez, et voti-e juge qui vous pardonne, vous permet de lui baiser la main.

Il lui donno sa main à baiser.

CHARLES, se retirant après lui avoir baisé lamain. Dieu vous garde, milord.

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