‹ ThéâtreChapitre 94 sur 971 · L'ABBESSE · texte numérisé non relu

L'ABBESSE

Il n'y a qu'une heure qu'il était ici.

FLAVY

Guillaume de Flavy ?

l'abbesse.

Oui, lui-même.

LE MA^^OIR DE MONTLOUYIER

FLAVT, à part.

Je veux être damné si je comprends un mot!

Il m'a dit que demain, peut-être, il retirerait cette jeune fille.

FLAVT.

Ah 1 il vous a dit... Et le nom de...

l'abbesse.

Marie.

FLAVY, à part.

Marie !

l'abbesse.

Jugez de mon embarras 1

FLAVY

Et vous voudriez la garder?

l'abbesse.

Au contraire.

FLAVY

Vous consentiriez à la lui livrer?

l'abbesse.

Oh ! au contraire !

FLAVY

Ah çà, mais que voulez-vous donc?

l'abbesse.

La dérober à son amour, en la conduisant moimême dans le château dun seigneur voisin à qui cette lettre la recommande.

FLAVY

Et qu'attendez-vous de moi?

l'abbesse.

Nous ne sommes ici que des femmes, c'est un faible cortège que celui que nous pouvons donner à cette jeune fille, qui ignore tout. Elle considère comme son protecteur ce cruel Flavy, qui lui aura caché son nom et son rang pour la mieux séduire sans doute.

FLAVY, à part.

Quel diable de galimatias 1 [Ilaiit.) Que puisje faire?

l'abbesse.

Vous avez avec vous une noble dame et un gentilhomme; je vais conduire à linstant la jeune Marie dans ce château voisin ; mais les chemins ne sont pas sûrs ; je crains de rencontrer... FLAVV, Irioiiiitliaut, à part.

C'est bien. [Ilnm) Oui, quehiucs-uns de ces brigands qui ne se fojit non plus scrupule d'enlever une jeune fille à ses protecteurs, qu'une rose sauvage aux buissons du clicniin. Disposez de nous, madame, nous nous oUVoiis à vous accompagner. l'abbesse.

Que de reconnaissance! et que je bénis le ciel de vous avoir conduit ici !

FLAVY

Moi aussi, madame.

l'abbesse.

Elle est si pure, si ingénue, si loin de se douter des projets du sire de llavy, qu'elle l'aime, elle l'eslime, elle l'appelle son père.

FLAVY, à pari, siupcfait.

Elle m'appelle son père!

l'abbesse.

Je crois qu'il est convenable qu'elle ignore ce qui se passe. Ne souillons point la pureté de son ame par la triste révélation qu'il est des hommes et des choses qui avilissent l'humanité; laissonsla dans son erreur : qu'elle croie que c'est par l'ordre de son protecteur que nous la conduisons chez ce seigneur ami. Plus tard, quand l'absence l'aura un peu effacé de son souvenir, on lui fera connaître la vérité.

FLAVY, ébahi.

Je le veux bien, madame.

l'abbesse.

Les momens sont chers, le sire de Flavy reviendra peut-être demain. Je vais avertir Marie, disposer tout pour notre départ, et quand tout sera prêt, je viendrai vous le dire.

FLAVY

J'attends.

L'AljLesse sort par la gauche.

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