CHARLES, PATRICK
CHARLES. II faut que je gagne uu de ces
LA SQELR DU MULETIER
hommes, dussé-je engager ma vie! {Arrêtant le dernier qui passe.) Dites-moi, maître?.,.
l'ensevflisseur. Que me voulez-\ous?...
Mais je vous reconnais, jeune homme !
CHARLES. Vous me connaissez?
PATRICK. Je vous ai vu aux portes des lazarets. Je voulais devenir ensevelisseur et je le suis maintenant.
CHARLES. Toi !.. . C'est le ciel qui t'envoie !
PATRICK. Pom-quoi?
CHARLES. Parce que j'ai grand besoin de ton secours.
PATRICK. Vous le savez, mon dévouement vous est acquis.
CHARLES. Il faut m'aider à sauver la mère de Henriette. . . tu sais. . . de ma fiancée !
PATRICK. La sauver!... Et comment le pourrid-je ?
CHARLES. Voici. Elle j)asse pour morte dans cette charnière... il faut l'emporter au cimetière, la réveiller secrètement et la cacher.
PATRICK. Mais cela serait jM-esque tenter Dieu. Et pourquoi voulez-vous faire croire à sa mort?
CHARLES. Pour l'arracher au bourreau !
PATRICK. Je vous ai promis de faire tout hors le crime... et c'est un crhne que de mentir pour sauver les coupables, je ne le puis !
Il fait un pas pour sortir.
CHARLES, l'arrêtant. Elle est innocente !
PATRICK. Que nelcprouve-t-elle?
CHARLES. Il est trop tard !
PATRICK. Pourquoi?
CHARLES. Parce qu'elle a été exécutée par contumace et que le bourreau ne lui laisserait ni le temps de la justification ni celui de la prière. . .
PATRICK. De quoi donc est-elle accusée?
CHARLES. D'avoir fait assassiner, il y a dixhuit ans, le un Jaccpies III, alors qu'il se cachait sous rhal)it de tondeur de laine, aux environs d'Ediiiiixjurg.
PATRICK. Comment!... ce tondeur de laine que l'on tua il y a dix-liuil ans, à deux lieues d'Edimbourg, était le roi Jaapies ?
CHAULES. Oui.
PATRICK. Celui qui mourut dans la maison de Catheriiie Patrick?
CHARLES. Oui... l^ur(|uoi?
PATRICK. Parc(î ([ue c'est dans mes bras qu'il a rendu le dernier soupir... parce que c'est à ce crime (|uc se rattache toute mon histoire.
CHARLES. A toi?...
PATRICK. Et qui accusc-t-on de la mort du roi?
CHARLES. La malliemeusc Caiheriuo Pa- U-ick !
PATRICK. Catherine Patrick !
CHARLES. Tu l'as connue?
I PATRICK. Si je l'ai connue !. . .
CHARLES. Et tu ne la crois pas coupal)le? PATRICK. Elle. .. coupable ?.. . Et c'est Catherine que l'on ose accuser?... Mais c'est un ; rêve... n'est-ce pas?
I CHARLES. INon... ce n'est pas un rêve!... c'est elle que le bourreau réclame!... c'est elle qu'il faut sauver !
PATRICK. Mais oii est-elle?... Oh! ce ne peut être Catherine !
CHARLES. Viens donc... et tu vas la reconnaître!...
PATRICK. Par où donc?
CHARLES. Par ici !
Ils entrent à droite.
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