‹ ThéâtreChapitre 955 sur 971 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

PATRICK, LES TROIS Hommes masqués.

PATRICK, à part. Ces trois hommes sont masqués... que veulent-ils?... [S' adressant à eux.) Que cherchez-vous, mes maîtres?

UN homme masqué *. Nous cherchons le père d'un enfant que, il y a dix-huit ans, par l'ordre de puissants seigneurs, nous avons enlevé de l'hôtellerie des Muletiers.

PATRICK. Vous?

l'homme masqué, à part. C'est bien lui. {Haut.) Écoute, Thomas Pati'ick, ceux qui nous avaient chargés de ce rapt mettaient à ton salut la condition de ton silence et de ton départ. Tu as été silencieux, tu es parti... ils ont tenu leur parole comme tu tenais la tienne. Aujourd'hui ton fds, âgé de vingt-deux ans, est sur le chemin d'un brillant avenir'.. .

PATRICK. Mon fds!... il existe?

l'homme masqué. 1\ est encore à cette heure sous la puissance de ceux qui suivent tes pas depuis deux jours, et qui nous envoient te dire comme par le passé : Si tu dis un seul mot de ce que tu as vu, appris ou découvert, ton fds sera égorgé sur l'heure.

PATRICK, avec fureur. Misérables assassins!...

l'homme masqué, avec calme. Nous ne sommes que les sicaires de ceux qui tueront ton fils... si tn te révoltes contre nous.

PATRICK. Oh! malheur!...

l'homme masqué. Et voici ce que nos maî-

Dickson est l'homme masqué.

très t'ordonnent : T.'ne voiture est près d'ici, lu nous suivras, tu y monteras avec nous, et nous te conduirons en heu sûr. . . Si tu refuses, tu verras avant la fin du jour la foule se presser sur le bord du fleuve, autour du cadavre d'un beau jeune homme assassiné...

PATRICK. Mon Dieu!...

l'homme masqué. Sauve ou condamne ton fils... Décide...

PATRICK. Mais qui me prouve que mon fds n'est pas mort... lui qui est tombé entre les mains d'infâmes assassins. . .

l'homme masqué. Ceux-là qui étaient intéressés à le laisser Aivre n'ont-ils pas dû le conserver comme otage?

PATRICK, à part. C'est vrai... [Haut.) Mais qui me dit que mon fils ne saura pas se défendre?

l'homme masqué. Il succombera comme a succombé ta sœur Catherine.

PATRICK, à 2)arf. Catherine... si c'était un piège...

l'homme masqué. Eh bien ?. . .

PATRICK. Je vous brave. . . je reste.

l'homme masqué. Aflieu ; tu auras brisé la glorieuse carrière de ton fils, tu auras fait tuer le plus loyal des jeunes hommes...

PATRICK. Je ne suis pas certain que mon fils existe. . .

l'homme masqué. Tu te repenth-as d'en avoir douté quand tu le verras mort sur ton chemin. Adieu.

PATRICK. Mon fils... attendez... {A part.) Un père ne peut accepter ce terrible défi... Si je résiste, je puis faire tuer mon fils... Catherine aussi, peut-être... car les espions qui s'attachent à mes pas la découvriraient, sans aucun doute... {Aux hommes masqués.) Où me conduisez-vous?

l'homme masqué. Tu le sauras.

PATRICK. Mais enfin ?

l'homme masqué. Hâtons-nous, car les tueurs pourraient mal interpréter notre absence.

PATRICK. Venez donc.

L'H0.^LME masqué , lui indiquant le chemin. Passe devant moi.

PATRICK. Mon Dieu! pardonne au père son doute et son espoir, et veille sur Catherine !... Marchons!

Deux sicaires sortent les premiers, puis Patrick, puis l'homme masqué.

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