‹ ThéâtreChapitre 954 sur 971 · CHARLES, HENRIETTE · texte numérisé non relu

CHARLES, HENRIETTE

CHARLES. Au nom du ciel, Henrielie, ra])l)elez votre raison et modérez ce désesjioir ((ni m'épouvante.

HENRIETTE. Et le puis-je, mon Dieu...

quand tout est perdu sans ressource. X'ai-je par su jusqu'ici modérer ma douleur, venir secrètement dans cette chapelle, comptant toujours sur le dévouement du frère de manière, qui nous avait dit : Je la sauverai?

CHARLES. Ktla présence du duc a ])aralysé tousses efforts, car il n'a pas quitté un instant le cercueil de Catherine.

HENRIETTE. Et maintenant il l'enferme dans la tombe.

CHARLES. Et personne encore de la paît du roi!

HENRIETTE. Oue voulcz-vous dire ?

CHARLES. Lors((ue j'aiap|)ris au j)alaisque le duc voulait accompai^ner (iatherinc à sa dernière demeure, lois([u'il m'a ordonné de partir avec lui, j'ai écrit à la liàte au roi une lettre ainsi conçue : Sire, Catherine Patrick doit être ensevelie vi^ante dans le cimetière de l'Est... Sire, un ordre de vous qui suspende aussitôt les funérailles de votre fennne, (|ui est innocente du meurtre de votre père... Et comme je |)arlais, j'ai chargé iu\ de ses pages de la lui remettre aiissitùt... j'espérais (pie cet ordre viendrait interrompre nos prières à la chapelle... mais rien encore...

HENRIETTE. ]"]l l'ou va scellcr la pierre (pii rendrait nos elforts impuissants.

CHARLES. Cela ne sera pas, Henriette. .. Je vais dans cette cruelle extrémité, moi, repousser les ens(!velisseurs en criant (ju'elle est vi- \ante.

HENRIETTE. Il le faut, Charles.

CHARLES. Et je dirai (pie je le faisan nom du roi... Hâtons nous. .. Mais (pii \ieiii de ce C(')té. . . Grand Dieu !. . . c'est elle.

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Les Mêmes, CATHERINE, soutenue par PATRICK.

HENRIETTE, apercevant Cal/ierine. "Ma mère!...

CATHERINE, M tendant les bras. Henriette !...

HENRIETTE, se jetant dans ses bras. Sauvée!,..

PATRICK, à Charles. J'avais dit que je la .sauvrais, moi...

HENRIETTE. 31a mère, venez... reposezvous... {Catherine s'atsied.) Mon Dieu, qui me l'avez rendue. . . conservez-la ?

CATHERINE, assise. \e tremblez pas... je suis sauvée. Tant d'espoir me soutenait, que mon cœur battait avec force dans le cercueil, avant (pi'on le fermât sur moi , j'avais embrassé ma aile... je venais d'entrevoir mon frère... et j'attendais patiemment ma délivrance.

CHARLES. Mais comment se fait-il que le duc. . .

PATRICK. Le duc croit ensevelir Catherine. HENRIETTE. Mais quel prodige ?

PATRICK. Quand je vis entrer le duc Robert dans la chapelle , un éclair subit traversa num cerveau... Il avait à jieine franchi le seuil... et salué l'autel, que déjà j'avais d(^vinéses projets, transixnté sur le c('rcueil voisin le ruban et la médaille qui senlsdésignaient celui de Catherine... Et Robert abusé s'agenouillait attentif derrière le cercueil (fue je venais de décorer ainsi. Sit(^)t la bénédiction acluîvée, aidé d'un ensevelisseur qui m'était dévoué, j'emj)ortai le cercueil ignoré de ma sœur. \ous l'entrâmes dans les premières broussaiUes que nous trouvâmes. Bient()t Catherine me tendait les bras en rendant grâce à Dieu... et je la tenais serrée contre mon c(cur, lorsque nous entrevîmes à travers les arbres le cortège qui croyait suivre la sœur d'Irlande; et quand il fut passé, j'entraînai Catherine de ce côté, carj'esj)érais l'v amener dans les bras de Sii (ille.

HENUIETTE. De sa (ille qui vous doit aussi la vie, car elle n'aurait pu survivre à sa mère. PATRtCK. Et maintenant... p(nir achever notre (vuvre, il faut réussir à sortir d'ici... Pauvre sœur... |)ourras-iu marcher en t'appiiyant sur nous?

CATtn-RiNE.xe levant. Oui, je serai forte... puis(pie le ciel fait pour nous un miracle. PATRICK. Maissi lu est renconlire...

CHARLES, désignant la droite. Par ce chemiiL.. il va des sen!iersd(''serls...

PATRICK. Nous ne les connaissons pa.s... CHARLES. Je vais les explorer d'abord, vous tracer un passage, et je re\ieiidrai pour vous servir de guide.

PATRICK. C'est cela... allez! {Charles sort parla ;/auche.A(atherine.]liidvmnm, sœur, tandis (pie tu recevras de ta lille, de notre belle Henriette... les soins qui devront achever de te rendre h la vie... ton frère i'airirk

MACxASIN THEATRAL.

prom^ra qiio tu os innocente du crime dont ou a osé l'accuser.

CATHERT>T. Tu Ic prouveras?

PATRICK. Oui, sœur... Thomas, qui revient après dix-huit ans d'esclavage. . . apporte une preuve qui ne l'a jamais quitté; il pourra lésiguer le coujiablc, qui existe encore, et fomme le ciel t'a rendu ta fdle... peut-être lui rendra-t-il son fds. . .

CATHERINE. .Johu?...

PATRICK. Que je cherche... Mais ne parlons pas de cela, Catherine... ta tète, maintenant fatiguée, apprendra plus tard toutes nos espérances et toutes nos craintes. ..

HENRIETTE. L'on marche de ce côté...

c'est Charles, peut-être. . .

PATRICK , allant voir au fond. Trois hommes semblent venir ici... oui, ils se dirigent de ce côté , il faut les éviter, Catherine.

CATHERINE, se levant. Comment?...

PATRICK. Allez vous agenouiller dans quelque coin de cette chapelle... hâtez- vous.

Catlierine et Henriette entrent dans la chapelle. Trois hommes affublés de manteaux et masqués paraissent au fond et entrent en scène.

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