MÉDÉE, MÉLANTHE, LYCAON
MÉDÉE
Orphée ! . . . un chant de j oie ! ... un doux chant d'hyménée l . . .
Naguère, aussi, naguère à l'autel amenée,
Je crus... et maintenant... 0 Jason! cher Jason!
Es-tu mort? as-tu fui? Quelque sombre prison
Te retient-elle au loin? Où donc es-tu, mon maître?
Où donc es-tu?
MÉLANTHE, à sa mère.
Je suis bien las.
MÉDÉE, avec douleur.
Cher petit être!...
Tu me brises le cœur! Pas d'abri! pas d'appui!... Ce rocher nu, voilà votre couche aujourd'hui!...
LYCAON
La faim nous affaiblit plus encor que la route.
MÉDÉE, avec désespoir.
Ne pouvoir épuiser ses veines goutte à goutte, Et leur dire : Prenez, buvez!... nourrissez-vous!
(Avec résolution.)
Du courage pour eux!
(Aux enfants.)
Mettez-vous à genoux;
(Prenant au pied de la statue deux rameaux de suppliants.)
Prenez ces deux rameaux ornés de bandelettes.
MÉDEE. 251