SCENE IV
LA NOURRICE seule; puis MÉDÉE, MÉLANTHE, LYC AON, qu'elle tient parla main.
LA NOURRICE, déposant la chevelure au pied de l'autel.
Hâtons-nous d'achever notre pieux ouvrage, Et puis vers le palais...
(Apercevant Médée.)
Mais que vois-je?
MÉDÉE
Courage, Mes chers petits enfants, courage!... Encore un pas! Nous approchons du port!
LA NOURRICE
Que de tristesse, hélas!
Mais que de majesté!... que de grâce!
MÉDÉE, à la nourrice.
Étrangère, D'Éphyre foulons-nous la terre hospitalière?
LA NOURRICE
Oui!
MÉDÉE, montrant le temple de Diane.
N'est-ce pas l'autel de Diane Artémis?
LA NOURRICE
Sans doute.
En franchissant ces murs chers à Thétis, Il m'a semblé, de loin, sous les frais sycomores Entendre murmurer un chant de canéphores.
MÉDÉJE. 249
LA NOURRICE
C'est un hymne d'Orphér.
MKDÉE, avec émotion.
Orphée! ô dieux!
LA NOURRICE
Demain, !)«' la fille du roi se célèbre l'hymen. Mais d'où connaissez-vous cette douce harmonie? Car, si j'en crois vos traits, votre voix, l'Hellénie Ne vous a pas vu naître... . .
MKDÉE.
Il est vrai! cependant...
Je la connais!
LA NOURRICE, à part.
Sa voix tremble en me répondant.
MLDÉE, à ses enfants, montrant la statue de Diane.
Déposez là ce voile à la céleste trame Qu'Apollon a tissu d'un pur rayon de flamme.
(Les enfants déposent un coffre ouvert aux pieds de Diane.) LA NOURRICE, regardant le voile.
Quel splendide présent!... Quel travail précieux!
dieux que nous servons sont donc aussi vos dieux?
M un LE.
Ah! ne comparez pas nos déités aux vôtres! Ce n'est pas de tels dons que réclament les nôtres: Leur effroyable culte est un meurtre sans fin, Et notre Vénus même a soif de sang humain!
LA NOURRICK, vivement.
Quelle est donc, justes dieux! cette sauvage terre?...
Parlez!
(Médée fait un mouvement.)
Mais non... je dois respecter ce mystère.
Reposez-vous ici!... Creuse va sortir,
Et Creuse aux douleurs sut toujours compatir.
(Elle sorO