LA COMTESSE, DE GRIGNON
LA COMTES Si:, à part, regardant de Grignon avec intérêt.
Pauvre garçon!... cela m'a effrayée, comme si réellement...
DE GRIGXON.
Jamais ses yeux ne se sont portés sur moi avec autant d'amitié, el si cen'étaientcesdragonsquisontlàaufond...
ntesse s'approche de de Grignon. et l'entretien s'engage à voix basse. LA COMTESSE.
Ah ! merci, mon ami, merci I
Vous êtes donc contente de moi?
LA COMTESSE
Oui, et je ne vous demande plus que quelques instants de courage et de fermeté.
DE GRIGNON
De la fermeté?... j'en ai, vous êtes là!... mais, ma foi, vous avez bien fait d'arriver.
LA COMTESSE
Vous vous impatientiez un peu?
DE GRIGNON
M'impatienter!... je mourais de... (Avec abandoo.)Écoutez, il faut que mon cœur s'ouvre devant vous... le mensonge me pèse... je ne suis pas ce que j'ai voulu paraître à vos yeux.
LA COMTESSE
Gomment?
DE GRIGNON
Je ne suis pas un héros... au contraire; quand je dis au contraire... ce n'est pas tout à fait juste, car il y a une moitié de moi, une moitié courageuse qui... je vous expliquerai cela plus tard. . . tant y a-t-il que quand Montrichard m'a parlé d'être fusillé sans bruit... dans une heure... la peur m'a pris...
LA COMTESSE
On aurait peur à moins.
Et j'ouvrais la bouche pour m'écrier : Je ne suis pas M.deFlavigneul.Mais vous êtes entrée et soudain, à votre vue, j'ai eu honte de mes terreurs, j'ai senti que je pouvais faire de grandes choses, pourvu que vous fussiez là ! Ainsi, rassurez-vous, je ne trahirai pas M. de Flavigneul; tout ce que je vous demande, c'est de ne pas n^'abandonner... soyez là quand le préfet reviendra... soyez là quand on me signifiera ma sentence, soyez là quand... Je suis capable de tout... même de recevoir pour un autre
dix balles au travers du corps, pourvu qu'en les recevant je vous entende dire... je suis là!
LA COMTESSE, lui prenant la main.
Brave garçon, car vous êtes brave, je vous connais mieux que vous-même ; c'est votre imagination qui s'effraie... ce n'est pas votre cœur.