SCÈNE XVI
Les Précédents, M. DE MONTRICHARD.
MONTRICHARD, entrant par la porte à gauche. .
Je viens vous faire mes adieux, madame la comtesse...
LÉONIE, avec joie.
Ah!
MONTRICHARD
Mais, avant de partir, je tiens à vous prouver que je ne me vantais pas en disant que cette dépêche pouvait ramener en mon pouvoir M. de Flavigneul.
LÉONIE, k part.
Je tremble !
LA COMTESSE, k part.
Que veut-il dire?
Cette dépêche est l'ordonnance que je sollicitais depuis si longtemps, l'ordonnance d'amnistie...
TOUS, poussant un cri de joie.
L'amnistie !
LA COMTESSE et LÉONIE, s'écartant du canapé où est assis Henri
Il peut donc se montrer...
HENRI, se levant.
Ah! monsieur!
MONTRICHARD, avec un air de triomphe.
Ah! j'étais bien sûr que je le ferais reparaître.
LÉONIE
Ciel!
BATAILLE DE DAMES, lin
DE GIUGXON.
C'était un piège ; et nous y avons donné... (Tous resteut
immobiles de terreur. M. de Montrichard s'avance au bord du théâtre et sourit avec un air de satisfaction. La comtesse s'approche doucement de lui. arde, saisit ce sourire et fait un geste de joie qu'elle réprime aussitôt.) MONTRICHARD.
.Monsieur Henri de Flavigneul... au nom du roi et de la loi, je vous déclare...
LA COMTESSE, s'avançant et riant.
Je vous déclare libre et gracié...
TOUS
Comment?
LA COMTESSE, gaiement.
Eh! sans doute! ne voyez-vous pas que M. de Montrichard veut prendre sa revanche, et qu'il joue là une scène de terreur à mon usage...
LÉO NIE
Il serait vrai !
LA COMTESSE, prenant le papier des mains de Montrichard.
Tenez! lisez!... Ordonnance d'amnistie...
MONTRICHARD
Maudite femme! On ne peut pas plus la tromper en bien qu'en mal !
L E 0 N I E, à la comtesse.
Et maintenant, tous trois réunis...
LA COMTESSE
oui. ma Mlle!... mais plus tard... car aujourd'hui je dois partir.
LÉON! i : • Partir !
DE CHIGNON
Vous partez?... eh bien, je pars aussi! Oh! vous avez beau dire! je pars, c'est fini! je vous suis! Rien ne m'ar-
rête! je vous suis jusqu'au bout du monde! et, chemin faisant, j'accomplirai devant vous de si belles choses, que vous finirez par vous dire : Voilà un pauvre garçon dont j'ai fait un héros... faisons-en un homme heureux!
Ne parlons pas de Cela!... (Passant près de M. de Montrichard.)
Eh bien, baron?
MONTRICHARD
J'ai perdu... madame la comtesse! Je suis vaincu!
LA COMTESSE, avec émotion.
Vous n'êtes pas le seul! (Affectant la gaieté.) Que voulezvous, baron? pour gagner, il ne suffit pas de bien jouer!
MONTRICHARD
Il faut avoir pour soi les as et les rois.
LA COMTESSE, à part, regardant Henri.
Le roi surtout!... clans les batailles de dames.