SCÈNE VI
Les Mkmes, MORÉAC.
MORE A G, ouvrant vivement la porte cachée sous la tenture.
C'est inutile, me voici.
ANNE, poussant un cri et courant à lui.
Vous !
MORÉAC, bas et vivement.
Silence!
LAMBERT, d'une voix qui redevient rude.
Je savais bien que c'était un nid d'aristocrates que cett maison!... Parlons peu et parlons bien. (AUantkMoré; Tu reconnais que tu es le comte de Kerviler?
MORÉAC.
Oui.
LAMBERT
Le rtiarî de la citoyenne?
MORÉAC.
Oui.
LAMBERT
Que tu te bats contre les patriotes?
MORÉAC.
Oui.
Que tu es entré secrètement dans la ville?
MORÉAC.
Oui.
LAMBERT
Gela suffit.
MORÉAC.
Je connais mon sort et je suis prêt, je ne vous demande qu'une grâce...
LAMBERT
Laquelle?
MORÉAC.
Qu'on porte ce billet à son adresse.
LAMBERT, lisant l'adresse de la lettre.
«A M. l'abbé... » Qu'est-ce que vous lui demandez à cet abbé?
MORÉAC.
De venir à l'instant.
LAMBERT
Ah! je comprends! Ces Bretons, toujours les mômes' • X Moréac.) Je ne peux pas décider cela à moi seul. Je vais au (;uarlier. J'en référerai au commandant. 11 dira ce qu'on doit faire de toi, et si on peut t'accorder ta demande. Je reviens dans cinq minutes. (Allant au soWat qui a
apporté le billet et qui a assista à l'entretien.) Toi... SUT Cfitle ICF-
rasse I Ne le perds pas de vue, et s'il cherchait à s'enfuir, fais feu !
MORÉAC.
Je n'ai nulle envie de fuir.
(Le soldat sort et s'éloigne sur la terrasse.) LAMBERT, sapprochant d'Anne, et bas.
Vous avez perdu trop de temps à douter de moi, Madame. J'ai bien peur de ne plus rien pouvoir.
(Il sort; la porte reste ouverte, mais on ne voit pas le soldat.)