L:i(pielle
LA FLEUR DE TLETiCEX. 19
JULIE
Vous me paraissiez bien plus vieux il y a dix ans qu'aujourd'hui.
LE COLONEL
Vraiment ?
MISS JACKSON
C'est tout simple, ma chère ! c'est que vous avez dix ans do plous.
JULIE, éclatant de rire.
Ha ! ha ! ha ! Et lui... miss Jackson... Est-ce qu'il n'a pas aussi dix ans de plous?
MISS JACKSON
C'est juste I
JULIE, riant.
Je le crois! (sérieusement.) Eh bien, c'est pourtant vrai. Il y a dix ans, vous me faisiez l'effet d'un ancêtre... de quelque chose comme d'un bon Dieu !
LE COLONEL
Et aujourd'hui, de quelque chose comme d'un bon diable !
JULIE, riant.
C'est cela, d'un bon diable qui fait des conquêtes, des razzias !... Colonel, avez-vous jamais été blessé ?
LE COLONEL
Quelquefois, comme tout le monde I
JULIE
Et sans doute... dans des circonstances romanesques, touchantes...
LE COLONEL
Hélas! rien de plus prosaïque et de plus banal. Des coups de sabre anonymes ! Des balles qui se trompent d'adresse... un petitchoc dans la poitrine... un petit froid on dedans... puis tout tourne autour de vous! Voilà!
JULIE après un silence.
Ahl... Colonel, jusqu'à quel âge entre-t-on dans les Irompeltes ?
LE COLONEL, riant.
Vous avez passé cet âge-là... Ainsi, je n'ai pas besoin de vous répondre. Vous me dites donc que tout est à l'arabe dans cette maison?
JULIE, lui montrant un tableau accroché au mur.
Tenez ! encore une vue d'Alger, que ma mère a achetée l'autre jour.
LE COLONEL
Elle a acheté une vue d'Alger ! (Regardant et a^.-^ c.........n.)
Cette petite maison blanche avec cette terrasse... c'est là que j'ai logé en sortant de l'hôpital.
JULIE vivement.
Oui I quand vous avez sauvé ce petit trompette...
LE COLONEL
Comment ! vous savez ?
JULIE
Oui...
LE COLONEL
Eh bien, je vous le montrerai quand vous viendrez en Afrique, car je vous enlève avec madame votre mère.
JULIE
Je ne demande pas mieux, Vous nous ferez venir je ne sais combien de tribus, qui nous apporteront des pluni' d'autruche, des dattes, et qui nous feront des fantasias... Nous emmènerons M. Sévin.
LE COLONEL
Qu'est-ce que M. Sévin?
JULIE
Le complice de ma mère dans toutes ses œuvres de charilé... un homme très pieux... la vertu ost sa partie
COLONEL
Ahî
JULIE
Un petit tartufe! il m'est odieux! Nous l'emmènerons pour sermonner les Arabes; votre neveu étudiera la question de la colonisation ; vous et moi, nous irons raser un douar... et nous vendrons miss Jackson à Abd-el-Kader.
MISS JACKSON
Oh! miss Julia! My dem^! for shame!
JULIE, éclatant de rire.
Ha! ha! haï