ACTE V, SCÈNE X
compenser la disproportion d'âge.... (a Bardoiin, qui so lève.) Vous vous levez, monsieur Bardolin?
BARDOLIN.
Parlez, parlez toujours. Je ne peux pas rester longtemps assis.
MADAME SINCLAIR
De compenser la disproportion d'âge par des sacrifices de fortune.
VERNISSAG.
Ehi ma chère tante, vos qualités, votre caractère, votre esprit ; ne voilà-t-il pas des avantages plus que suffisants ?
MADAME SINCLAIR
Je vous demande pardon, mon neveu. Votre amitié pour moi vous aveugle. Il faut qu'il y ait compensation. L'âge où l'on veut encore être jeune est passé pour moi. C'est une des plus belles qualités que nous puissions acquérir que celle de savoir nous apprécier. La vanité n'est bonne qu'à faire des sots et des mal-^ heureux.
YERNISSAG.
C^est vrai;
MADAME SINCLAIR
Je crois donc, en conscieDCCi et sous quelque forme que les lois le permettent, devoir au mari que j'ai choisi une donation entière de mes biens ;
SAINT-LAURENT
A merveille, qu'il prenne tout.
MADAME SINCLAIR
En lui laissant, après moi, car il est probable qu'il me survivra, fhonorable devoir de m'acquitter envers tous mes parents.
VERNISSAC , se levant.
Non, ma chère tante, je ne souscrirai point à ce
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délire de voire générosité. Je ne serai point assez peu délicat pour dépouiller..,. Je peux vous jurer, mes cliers parents, que j'étais à mille lieues d'imaginer....
MADAXIB SINCLAIR, faiMiil «wtouir Vonii»»ac.
Doucement, mon neveu, ne vous répandez pas en phrases de recoimaissance.... Attendez qu'on vous olTre pour remercier. C'est bien par vos conseils que m'est venue l'idée de me remarier; mais ce n'est pas vous que j'épouse.
MADAMB SAINT-LAURKNT
Vraiment?
VBRNISSAC.
Et qui donc ?
MADAMK Sl.NCLAIU, moiiln.il Kr.iisl.
C'est M. Ernest.
BRNBST.
Moi!
VERNISSAC.
Lui !
DOKHj.NV, sou.iaiil.
Je l'avais deviné.
BARDOLIN.
Elle ne nous Isdsse pas le temps de respirer*
ANATOLE
Ah! par exemple!... (toui le monde se lévo.)
MADAMB SINCLAIR.
Si la main du père était libre, je lui offrirais la mienne : mon mari lui avait tant d'obligations. Je m'acquitte en faisant la fortune de son fils. Eh bien, monsieur Ernest, voulez-vous de moi et de mes deux cent raille francs de rente ?
VERNISSAC.
Gomme ma chère tante s'entend à mystifier les gens I