DORSAY, SAIN VILLE
SAINVILLE
Bonjour, mon cher Dorsay.
DORSAY
Que je suis ravi, que je suis confus de l'honneur,
du bonheur de recevoir monsieur le colonel ! J'allais chez lui.
SAIN VILLE
J'avais promis à madame de Mircour de lui apporter ce matin ces couplets de l'opéra nouveau. En attendant qu'elle soit visible, causons.
DORSAY
Causons.
SAINVILLE
Quelle femme charmante que votre nièce! que de grâces ; que d'esprit ! J'aime jusqu'à ses caprices.
Hier, en sortant du bal, elle me parlait de monsieur le colonel, avec un intérêt
SAINVILLE
Vraiment? Vous m'enchantez. Serais-je assez heureux pour pouvoir vous rendre service ?
DORSAY
Ne parlons pas de ce qui me concerne, j'aurai l'honneur d'aller vous faire ma cour.
SAINVILLE
Parlez sur-le-champ, je vous en prie : trop heureux d'être utile à l'oncle de madame de Mircour! Mais quand donc se décidera-t-elle à m'accorder sa main?
DORSAY
Elle est à vous. Les affaires de la succession de son mari sont le seul obstacle. Je vous sers de tout mon pouvoir; mais ce qui vous sert mieux que moi, mieux que votre grade, mieux que le rang même de monsieur votre père, ce sont vos qualités, votre mérite.... oui.... sans flatterie.