SCENE V
S AIN VILLE
Oh ! sans flatterie.... Que puis-je faire pour vous, mon cher Dorsay ?
DORSAY
Eh bien, puisque vous Fexigez ; le ministre voire père a la plus grande confiance en vous.
s AIN VILLE.
Je cherche à la mériter.
DORSAY
M. le président de Blamon, qui est mon cousin germain, M. le colonel Dirlac, votre camarade, qui était allié de feu mon épouse , prennent à moi le plus vif intérêt.
SAINVILLE
Oui, je connais votre famille, vos alliances, votre fortune.
DORSAY
Loin de songer à l'augmenter, comme tant d'autres, je ne cherche qu'à m'en faire honneur, comme quelques autres. Il y a dans ce moment une place majeure, une place d'éclat à la nomination de monsieur votre père : j'ai la vanité d'y prétendre.
SAINVILLE
En avez-vous fait la demande?
DORSAY
Oui vraiment ; mais un des premiers commis m'a dit que le premier secrétaire lui avait dit que le ministre se proposait de vous consulter.
SAINVILLE
Eh bien, mon cher Dorsay ?
DORSAY
Soyez mon protecteur. J'aurai l'honneur de vous porter chez vous des lettres, des titres, des apostilles...
SAIN VILLE
Pas du tout; voyons-les à rinslant : je passe avec vous
dans votre cabinet.
MADAME DE MIRCOUR, en dohor».
Mais c'est inconcevable! courez donc, cherchez donc; il est impossible qu'il soit perdu.
SAINVILLB.
Attendez... jS 'est-ce pas madame de Mircour que j'entends?
DORSAY
Elle-même.
SAINVILLB.
Allez me chercher vos papiers, mon cher Dorsay, je les attends; ce matin même, je les présente à mon père...
DORSAY
Un mot de vous, et je suis aussi sûr de réussir que vous Têtes de plaire à ma nièce. Oui, mon cher neveu... Pardon, mais je serai si glorieux d'une telle alliance !...
Je cours chercher mes papiers. . (n sort.)