‹ Théatre. Avec une introdChapitre 183 sur 342 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

MALINVAL.

Moi, je m'en souviens comme si tout cela s'était passé hier. Toujours bonne mémoire ! Oh! je n'ai pas changé ! Plus actif et plus obligeant que jamais.

LAMBERT

C'est ce que je disais quand vous êtes entré. (Bas à Durmont.) Vous ai-je trompé ?

MALINVAL.

Je vous rends également justice, mon cher Lambert,

et tout en venant chez Durmont, j'avais un pressenti-

timent de vous y trouver, tant je vous connais bien.

( Bas à Durmout.) Sa visito n'est pas ce qui pouvait vous

arriver de plus heureux. "

DURMONT.

Plaît-il ?

MALINVAL.

C'est qu'il est également serviable, à sa manière. (Bas à Durmont.) L'égoïste le plus déterminé.

DURMONT.

Bon!

MALINVAL.

Sa bourse, son crédit, tout est au service de ses amis. (Bas à Durmont.) Prenez-le au mot, vous ne trouverez plus personne.

LAMBERT

Je suis confus de vos politesses, mon cher Maliiival. (Bas à Durmont.) Je voudrais pouvoir en dire autant de lui.

MALINVAL.

Si jamais il vous arrive quelque malheur, il donnera réveil à tout le monde ; vous l'entendrez s'écrier : Allons, voyons, il faut agir, il faut se montrer. (Bas à Durmont.) Et il ne bougera pas.

C'est dans le malheur qu'on connaît ses amis. n a

-Ji.) I.LS VOISINS.

MALINVAL.

Vous avez bien raison !

DUKMONT.

Qu'est-ce que c'est donc que ces deux originaux-là?

MAL1NVAL.

Ah I çà, mon cher Durmonl, il faut nous voir, mais nous voir beaucoup! à la campagne on en use sans façon; c'est ma manière à moi ; aussi je viens vous demander à dîner.

CBCILK.

A dîner !

DURMONT.

A dîner! Et vous aussi peut-être ?

LAMBBRT.

Je ne venais pas* dans celte intention; mais puisque vous le voulez absolument....

DURMONT.

Gomment, puisifue je le veux I

LAMBERT

Allons, ne vous fâchez pas. Je reste.

CKCILB, fi pnrt.

Voyez donc comme c'est dé.sagréable î

LAMBBRT.

J'espère bien que nous aurons notre tour.

MALIN VAL

Je me ferai un vrai plaisir de vous recevoir.

CBCILB.

Oh ! je n'irai certainement pas, moi.

MA LIN VAL

A propos, je crois pouvoir vous annoncer un troisième convive.

Page 1