II M
MADAMB PLORIDOR.
Qu*est-ce que cela signifie? M. Dorval, homme de loi?
PLORIDOR.
C'est un nom de comédie que je me suis donné.
MADAMB PLORIDOR.
Un nom de comédie?
PLORIDOR.
Écoutez-moi : vous avez de très-grands torts; mais il faut bien excuser les folies de jeunesse, qujind elles n'annoncent pas un mauvais cœur. Tu as dix-huit ans; Lise en a seize, et je me souviens qu'à votre âge, 1«' diable m'emporte, si je savais ce que je faisais; vos parents eux-mêmes ont bien quelque chose à se reprocher à votre égard. Quant à moi, je leur garde une vieille rancune-: je prétends nous venger tous réciproquement les uns des autres, en faisant votre bonheur. Tenez, lisez ces lettres adressées à M. Dorval, homme de loi. (a Lise.) Voilà celle de ton père, (a Augtisto.) Voilà celle du tien.
AUGUSTE, lisant.
« Monsieur, j'étais à l'audience, et je plaidais contre » un père qui veut marier sa fille malgré elle, lorsque » avec une surprise inexprimable, j*ai appris les deux » nouvelles foudroyantes que vous m'annoncez par » votre lettre du 9 du courant. Il est donc vrai que mon » libertin de fils avait été demander un asile à son cou- » sin le comédien, et qu'il est arrivé précisément pour » assister aux derniers moments de ce parent estimable, » que je regretterai toute ma vie.
MADAME PLORIDOR.
Qu'il regrettera toute sa vie !
PLORIDOR. *
A ton tour. Lise.