AUGUSTE, FLORIDOR, MADAME FLORIDOR, LISE, MADEMOISELLE BEAUPRÉ
MADEMOISELLE BEAUPRÉ
Eli! bonjour, mon cher camarade; bonjour, ma bonne Floridor; votre servante, petit cousin... Eh bien, que faites-vous donc là? nous vous attendons pour la répétition : Don Japhet cP Arménie, que nous montons avec tous ses agréments, la cavalcade, le combat du
taureau. Vous avez joué le rôle ; ce pauvre Roqueville n'y entend rien; et puis son accent! Il faut que vous Taidiez, que vous rencourajriez. C'est là qu'il y a une ouïe de traditions. Allons, venez, partons.
FLOBIDOR.
Impossible ce matin, j'ai des afTaires.
MADBMOISBI.LB RRAUPRK.
Oh I il n*y a pas d'affaires qui tiennent. Comment ? lorsque nous avons le bonheur de posséder dans la ville, que nous tenons un ancien comédien qui a joué à Paris et chez l'étranger, qui a gagné vingt mille livr de rente, nous ne profiterions pas de l'occasion pour nous former, pour nous instruire?.... M'avez-vous vue Iiier dans Nicole du Bourgeois Gentilhomme? N'est-ce pas que j'étais bien mise, et que j'ai ri de bon cœur'' Ma foi, nous n'aurons pas à nous plaindre de la foir» la salle était pleine. Oh! le charmant état que le nôtr on y rit de tout, même de la détresse, quand il y en a jugez comme on s'amuse, quand les affaires vont bien. On parle des tracasseries des comédiens; est-ce qu'on n'en voit pas dans tous les états ? Est-ce que le marchand ne cherche pas à décrier son voisin ? Est-ce que les médecins ne courent pas les malades, les procureurs les procès, et les musiciens les poèmes d'opéra ? On nous reproche notre amour-propre; qui est-ce qui n'en a pas ? Quand un perruquier se dit artiste, un huissier jurisconsulte, et tel barbouilleur de papier, homme de lettres?
FLORIDOR
C'est parfaitement bien raisonné; mais pardon, je suis occupé....
MADEMOISELLE BEAUPRE.
Ah ! mon Dieu ! que je suis indiscrète ! je vous ai dérancré; vous étiez en famille. Ah! ça, je dirai donc à nos camarades que vous ne pouvez pas venir aujour-